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Les bibliothécaires américains confrontés à des demandes croissantes concernant des ouvrages générés par intelligence artificielle

Baptiste Lacomme

L’émergence des assistants conversationnels tels que ChatGPT et Gemini provoque des perturbations inattendues dans les institutions de documentation. Des bibliothécaires américains signalent une augmentation préoccupante de demandes portant sur des ouvrages fictifs générés automatiquement par ces systèmes d’intelligence artificielle.

Les responsables de bibliothèques, de librairies et de centres de documentation expriment leur désarroi face à cette situation nouvelle. Sarah Falls, coordinatrice des services aux chercheurs à la Bibliothèque d’État de Virginie, révèle que les demandes produites par ChatGPT représentent environ 15 pour cent de sa correspondance électronique. Vérifier l’inexistence d’un document présente des défis importants pour les équipes.

Ce phénomène a commencé à apparaître vers la fin de 2022, selon les témoignages de professionnels du secteur documentaire. Néanmoins, la fréquence de ces demandes s’est intensifiée considérablement au cours des derniers mois, touchant progressivement tous les niveaux de la profession.

Les organisations médiatiques ne sont pas épargnées par cette problématique. Durant l’été 2025, les éditions estivales du Chicago Sun-Times et du Philadelphia Inquirer ont publié des recommandations de lecture incluant plusieurs titres inexistants proposés par des agents conversationnels, mettant en lumière la vulnérabilité des chaînes éditoriales.

Cette situation révèle les limites actuelles des technologies générative, dont la capacité à produire du contenu plausible mais faux pose des questions éthiques et pratiques importantes pour les institutions culturelles et informatives.

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