France

Rouler trop lentement sur la route peut-il vraiment exposer le conducteur à une verbalisation ?

Rob Laurens

Rouler à une vitesse anormalement réduite constitue une infraction en France selon l’article R413-19 du Code de la route. Cette violation peut entraîner une contravention de deuxième classe d’un montant de 35 euros. Cependant, le texte de loi ne définit pas précisément ce qu’est une vitesse minimale, ce qui rend l’application de cette règle exceptionnellement rare et difficile à évaluer dans la pratique quotidienne.

La seule exception clairement définie concerne l’autoroute. Sur la voie la plus à gauche, la vitesse ne peut descendre sous 80 km/h lorsque les conditions de circulation et météorologiques sont bonnes. Cette restriction représente un écart de 50 km/h par rapport à la limite légale. Les avocats en droit routier confirment que ces verbalisations restent extrêmement rares car elles exigent une interpellation directe des forces de l’ordre. Aucun radar ne peut détecter une vitesse insuffisante sur les routes.

Quelques cas documentés illustrent les dangers d’une conduite excessivement lente. En Suisse, une femme de 65 ans transportant des chevaux a été condamnée à une amende équivalente à 2 600 euros pour avoir créé un embouteillage monstre avec 175 véhicules à sa suite sur une route de montagne. En France, une affaire judiciaire à Saint-Brieuc a révélé qu’une conductrice circulait à moins de 15 km/h sur une portion limitée à 110 km/h, causant un accident mortel impliquant deux religieuses.

Les forces de l’ordre ne disposent pas de statistiques précises concernant cette infraction. Le problème principal reste les excès de vitesse plutôt que les déficits de vitesse. Cependant, un vide juridique persiste pour définir objectivement ce qui constitue une vitesse anormalement réduite. Les avocats reconnaissent qu’il existe un principe général protégeant la sécurité routière, mais sans critères numériques clairs sauf sur autoroute.

En France existe un mécanisme permettant de signaler un conducteur jugé inapte. Toute personne peut adresser un courrier motivé au préfet si l’état de santé d’un proche n’est pas compatible avec la conduite automobile. Cette démarche vise à protéger la sécurité collective. Dans la majorité des cas, les conducteurs anormalement lents sont des personnes âgées dont les aptitudes se dégradent progressivement.

Les voitures sans permis représentent un phénomène croissant sur les routes françaises. Leur nombre a plus que doublé en cinq ans avec l’arrivée de la Citroën Ami. Bridées à 45 km/h, ces petits véhicules ne peuvent circuler que sur routes limitées à 80 ou 90 km/h, pas sur autoroutes ni voies rapides. Les contrevenir expose à une amende pouvant atteindre 1 500 euros.

Le bilan sécuritaire des voiturettes s’avère préoccupant. En 2025, quarante personnes ont perdu la vie en conduisant ces véhicules, représentant un doublement en cinq ans. 68 % des accidents surviennent hors agglomération où les différences de vitesse deviennent dangereuses. Cette situation a motivé le lancement d’une pétition réclamant leur interdiction, sans succès notable jusqu’à présent.

Les conducteurs ayant perdu leur permis peuvent légalement utiliser une voiturette sans restrictions spécifiques. Seul un juge peut prononcer une interdiction complète de conduire tout véhicule à moteur. Cette possibilité de contournement permet aux personnes fragilisées de continuer la conduite, bien que à des vitesses réduites, plutôt que face à une interdiction totale.

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