International

L’accès aux soins demeure critique pour les blessés des combats à Fizi selon le CICR en RDC

Baptiste Lacomme

À l’est de la République démocratique du Congo, une crise humanitaire s’aggrave depuis décembre, quand l’AFC/M23, soutenu par le Rwanda, a lancé une nouvelle offensive au Sud-Kivu. Les affrontements ont provoqué une augmentation alarmante des blessés, tandis que l’accès aux soins de santé se détériore gravement. Le territoire de Fizi subit particulièrement les conséquences de ces violences armées. Le Comité international de la Croix-Rouge tire la sonnette d’alarme face à la tension extrême du système médical régional.

À l’hôpital général de référence de Fizi, soutenu par le CICR, la situation atteint un point critique. Le nombre de blessés hospitalisés a quadruplé depuis fin décembre, passant de quelques patients à plus d’une centaine en trois semaines. Le docteur Richard Lwandja rapporte qu’au 18 janvier, l’établissement accueillait 115 patients alors que sa capacité ne dépasse pas 25 lits. Une équipe chirurgicale d’urgence est arrivée en renfort le 10 janvier pour faire face à l’afflux constant de blessés.

Pour pallier cette surcharge, le CICR a installé des tentes supplémentaires sur le site hospitalier. Cependant, le problème dépasse largement la question des lits disponibles. De nombreux blessés arrivent avec des plaies infectées à cause de délais de prise en charge excessifs. Cette infection secondaire complique considérablement les traitements et augmente les risques de complications graves pour les patients déjà fragilisés par leurs blessures initiales.

Les structures de santé de première ligne restent largement paralysées par l’insécurité et les combats qui ravagent la région. Ces centres ont subi des pillages et manquent cruellement de médicaments et de personnel. De nombreux soignants ont dû abandonner leurs postes, contraints de fuir face aux violences. Cette désorganisation du système de santé primaire empêche les populations d’accéder aux soins précoces, aggravant l’état des blessés qui arrivent finalement à l’hôpital de référence.

Le CICR souligne également un obstacle majeur : l’absence de garanties sécuritaires pour le personnel humanitaire. Les équipes médicales ne peuvent pas atteindre les zones de conflit et les populations affectées. Cette restriction entrave gravement la capacité de l’organisation à fournir une assistance d’urgence. Le CICR renouvelle son appel au respect du droit humanitaire international, exhortant toutes les parties au conflit à garantir un accès sécurisé aux travailleurs humanitaires et aux personnes en danger.

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