France

La marine française entend se doter de drones et accélère ainsi son développement technologique dans ce contexte stratégique exigeant

Rob Laurens

La Marine nationale entreprend une modernisation de ses capacités défensives en misant sur les drones navals. Face à l’évolution des menaces géopolitiques, elle s’associe à l’Agence de l’innovation de défense pour accélérer le développement de solutions technologiques adaptées à ses besoins opérationnels.

Le projet Danae représente cette nouvelle approche. Il vise à créer des drones de surface autonomes dotés de capacités d’armement embarqué. Ces véhicules sans pilote assureront la protection des bases portuaires en métropole et outre-mer, où stationnent frégates, patrouilleurs, sous-marins et porte-avions. Ils pourront également escorter les navires en haute mer.

Pour progresser rapidement, l’Agence de l’innovation de défense a mis en place une méthode novatrice. Elle évalue simultanément sept solutions existantes plutôt que de lancer un long appel d’offres classique. Cette approche permet de tester des technologies maîtrisées avant de s’engager dans une acquisition définitive. Le processus combine expérimentation rapide et validation opérationnelle.

Le général Patrick Aufort, directeur de l’agence, souligne l’urgence stratégique : la France dispose d’une industrie capable de produire rapidement dans un contexte géopolitique qui ne tolère aucun retard technologique. Les trois meilleurs projets parmi les sept candidats accèderont à une phase de construction de prototype durant douze à dix-huit mois. Le vainqueur recevra alors une commande pour équiper la Marine nationale.

Les sept entreprises participantes forment un écosystème diversifié. Des géants comme Thales et Naval Group côtoient des petites et moyennes entreprises ainsi que des start-ups telles que Keys4sea, SeaOwl Group et Marine Tech. Exail, champion mondial de la technologie drone, complète cette sélection.

La ministre des Armées insiste sur une transformation profonde des méthodes d’acquisition. La guerre impose une accélération permanente des capacités opérationnelles. Il s’agit désormais de privilégier les itérations et les tests plutôt que d’attendre une perfection théorique. La Loi de programmation militaire 2024-2030 alloue cinq milliards d’euros au développement des engins pilotés à distance.

L’amiral Nicolas Vaujour confirme que les drones occuperont une place croissante dans les opérations navales futures. Cependant, ces systèmes n’élimineront pas la nécessité d’autres moyens. Le défi consiste à les intégrer au bon endroit dans la chaîne opérationnelle. La décision finale concernant le drone retenu est attendue pour fin 2027.

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