
Un pétrolier intercepté le 22 janvier par les autorités navales françaises en Méditerranée a été conduit sous surveillance dans un port situé près de Marseille. Le navire, dénommé « Grinch », fait l’objet d’une enquête judiciaire française et aurait appartenu à la flotte clandestine russe utilisée pour contourner les restrictions commerciales. Son commandant, ressortissant indien âgé de 58 ans, a été arrêté samedi pour des violations liées à l’absence de pavillon maritime régulier.
Le bâtiment mouille actuellement dans le golfe de Fos, à proximité du terminal pétrolier marseillais, placé sous contrôle militaire et mis à la disposition du système judiciaire. Le parquet de Marseille supervise les procédures relatives aux irrégularités administratives du navire. Cette saisie représente une intervention exceptionnelle et remarquable de la part des puissances occidentales contre ce réseau naval souterrain.
Depuis 2022, le G7 et l’Union européenne ont instauré un plafond tarifaire sur les hydrocarbures russes afin de restreindre les revenus du gouvernement de Moscou. Pour contourner ces mesures, la Russie a constitué une flotte de navires obsolètes immatriculés frauduleusement et généralement non assurés. Ces bâtiments opèrent sous de fausses nationalités et transportent secrètement du pétrole russe vers les marchés mondiaux.
Les agences de renseignement occidentales ont dressé un inventaire d’approximativement 600 embarcations suspectes, fréquemment enregistrées sous plusieurs identités différentes. Le pétrolier saisi portait le nom de « Grinch » selon les autorités britanniques, tandis que les institutions américaines et européennes l’appelaient « Carl ». Il battait faux pavillon comorien tout en provenant du port arctique de Mourmansk, un centre d’expédition pétrolière russe majeur.
La France avait déjà mené une opération similaire en septembre 2025 avec le navire « Boracay », faussement enregistré sous pavilion béninois et appréhendé en Atlantique. Malgré ces succès isolés, les gouvernements européens restent hésitants à poursuivre de telles interventions, les considérant comme juridiquement périlleuses. Une investigation récente de la BBC a révélé qu’une quarantaine de navires sanctionnés ont traversé la Manche sans être stoppés durant le seul mois de janvier.



