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Le narcotrafiquant néerlandais Jos Leijdekkers renforce son emprise en Sierra Leone et intimide les journalistes

Rob Laurens

En Sierra Leone, Jos Leijdekkers, trafiquant néerlandais de 34 ans, s’impose malgré les mandats d’arrêt internationaux. Recherché par les autorités des Pays-Bas et de Belgique pour ses activités dans le trafic de cocaïne européen, il bénéficie d’une protection au sein des cercles gouvernementaux. Son apparition publique lors d’une cérémonie religieuse le 1er janvier 2025 aux côtés d’Agnes Bio, fille du président Julius Maada Bio, révèle l’étendue de son influence politique.

Les liens familiaux du trafiquant suscitent des révélations sensibles. Agnes Bio aurait donné naissance à un enfant dont le criminel serait le père, selon les déclarations de l’opposition sierra-léonaise en septembre 2025. Cette relation compromettante avec la famille présidentielle explique le statut particulier dont jouit Leijdekkers dans le pays. Ces informations ont circulé malgré les pressions exercées pour les faire taire.

La presse locale fait face à une répression coordonnée. Les journalistes sierra-léonais subissent menaces et intimations pour avoir couvert les activités du narcotrafiquant. Une enquête menée par Follow the Money, Free Press Unlimited et le journal Algemeen Dagblad documente cette campagne d’intimidation systématique visant les médias qui tentent d’investiguer sur le sujet.

Mohamed K. Fofanah, responsable du journal Gleaner, a personnellement expérimenté cette répression. La police a perquisitionné sa rédaction après publication d’un article détaillant les opérations de stockage de drogue orchestrées par Leijdekkers. Les révélations concernant ses entrepôts, probablement utilisés pour entreposer d’importantes quantités de stupéfiants, ont provoqué une réaction des autorités.

La sécurité des journalistes s’est gravement détériorée. Mohamed K. Fofanah a dû s’exiler aux États-Unis pour protéger sa vie et celle de sa famille. Cette fuite forcée illustre l’impossibilité croissante pour la presse de fonctionner librement lorsqu’elle enquête sur les réseaux criminels bénéficiant de protection gouvernementale.

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