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Les deux principaux leaders syndicaux des enseignants gabonais retrouvent leur liberté après leur arrestation lors de la grève

Aliou Sembène

Au Gabon, deux figures majeures du syndicalisme enseignant, Marcel Libama et Simon Ndong Edzo, ont retrouvé leur liberté le lundi 26 janvier en soirée. Leur libération intervient une semaine après leur arrestation et s’effectue sur une base provisoire pour des raisons de santé. Un procès les concernant doit se tenir vendredi, avec des accusations d’obstruction à l’accès au service public.

Cette libération représentait un préalable incontournable à la résolution de la crise qui affecte profondément le système éducatif gabonais depuis plusieurs semaines. Le mouvement de grève, particulièrement dynamique, a su maintenir sa mobilisation malgré les tentatives du ministère de l’Éducation pour imposer une reprise des cours et menacer les grévistes de sanctions administratives.

L’organisation SOS Éducation avait clairement établi ses conditions le 24 janvier lors de son assemblée générale : aucune négociation avec les autorités gabonaises ne pouvait progresser sans la libération de ces deux figures syndicales. Ces personnalités avaient apporté une visibilité médiatique cruciale au mouvement lancé en décembre par des collectifs situés en dehors des structures syndicales traditionnelles.

Face à cette situation d’impasse, les autorités ont opté pour une stratégie différente. Le président Brice Oligui Nguema a désigné Jean-Gaspard Ntoutoume-Ayi, un député reconnu pour son indépendance, en tant que médiateur. Cette décision a permis une reprise des discussions au cours des derniers jours. Lundi, une délégation de SOS Éducation a été reçue par Hermann Immongault, vice-président du gouvernement, ainsi que par les ministres de l’Éducation, de la Fonction publique et du Budget.

Les revendications des grévistes portent sur la régularisation des embauches, les titularisations et les avancements professionnels, après des années de stagnation dans le secteur. Au-delà du domaine éducatif, un mouvement social plus large anime le pays. Des grèves ou préavis successifs sont annoncés dans les médias publics, l’enseignement supérieur et le secteur pétrolier, où émergent également des collectifs inspirés par le modèle du mouvement enseignant.

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