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Alex Pretti n’avait pas d’arme à la main lors de son décès aux mains de l’ICE, contrairement à ce que prétend cette image générée par intelligence artificielle

Baptiste Lacomme

Des internautes diffusent une image manipulée par intelligence artificielle, prétendant qu’Alex Pretti, l’infirmier tué samedi à Minneapolis par l’ICE, tenait une arme lors de son interpellation. Diverses motivations pourraient expliquer cette désinformation : soutenir la version initiale de la Maison-Blanche qualifiant Pretti de « terroriste intérieur », défendre les agents de l’immigration américaine, ou simplement générer de l’engagement sur les réseaux sociaux avec un contenu controversé.

Sur l’image falsifiée, on observe Alex Pretti tombant au sol avec ce qui paraît être une arme à la main, encadré par deux agents de police. Un détail révélateur trahit cette manipulation : l’un des agents agenouillés n’a pas de tête visible, signe caractéristique d’une génération par intelligence artificielle.

L’image d’origine provient d’une vidéo filmée par un témoin, présentant une qualité bien inférieure. Cette vidéo a été relayée par MPR News, une radio indépendante du Minnesota. Plusieurs grandes rédactions ont authentifié ces images : le New York Times, NBC et The Guardian ont analysé la vidéo originale ainsi que deux autres enregistrements de témoins.

L’analyse des images authentifiées montre qu’Alex Pretti tenait un téléphone portable dans sa main droite avant d’être maîtrisé par les agents de l’ICE, tandis que sa main gauche restait vide. Une fois au sol, ses deux mains étaient complètement vides, selon l’analyse menée par NBC.

Bien que l’infirmier de 37 ans possédait légalement un permis de port d’arme selon les autorités locales, les séquences vidéo montrent un agent fouillant son torse et s’écartant du groupe, un pistolet à la main. Donald Trump a ensuite publié une photo d’une arme, affirmant qu’elle appartenait à la victime. Cependant, les premiers coups de feu retentissent après le retrait du pistolet, contredisant les déclarations de Gregory Bovino, chef de l’ICE, qui a invoqué des « tirs de légitime défense » des agents.

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