
À Toulon, Laure Lavalette mène sa campagne municipale avec un style théâtral assumé. La députée du Rassemblement national du Var déploie une énergie débordante lors de ses apparitions publiques, cherchant à établir un contact direct avec chaque électeur présent. Son approche communicationnelle repose sur une présence physique marquée et une mise en scène pensée pour marquer les esprits.
Le parti d’extrême droite vise à conquérir cette importante ville française après trois décennies. Le RN adopte une stratégie de discrétion quant à son identité partisane dans cette campagne municipale. Lavalette construit son image personnelle indépendamment de l’étiquette politique traditionnelle, misant sur sa propre notoriété plutôt que sur le symbolisme partisan.
Cette prudence révèle les cicatrices du passé politique local. Entre 1995 et 2001, le Front national avait administré la ville sous la direction de Jean-Marie Le Chevallier, une expérience jugée catastrophique. Les responsables RN actuels refusent consciemment d’être associés à cet héritage contentieux.
Frank Giletti, également député RN du Var et ancien colistier de Le Chevallier, incarne cette réticence collective. Son avertissement explicite souligne la volonté d’éviter toute allusion à un laboratoire politique local. Le parti craint de raviver les mauvais souvenirs de son expérience antérieure auprès des électeurs toulonnais.
La stratégie actuelle privilégie donc l’incarnation personnelle au détriment de l’affiliation idéologique visible. Lavalette devient elle-même le cœur de la campagne, tandis que le programme et les principes du mouvement demeurent volontairement en arrière-plan de la communication publique.



