
Le géant énergétique français TotalEnergies a officiellement redémarré un méga-projet gazier mozambicain de 20 milliards de dollars jeudi 29 janvier, mettant fin à une interruption de cinq années. Ce projet majeur, implanté dans la province septentrionale de Cabo Delgado près de la Tanzanie, avait été suspendu suite à une attaque jihadiste meurtrière en mars 2021 dans la ville voisine de Palma, qui a provoqué environ 800 décès.
Patrick Pouyanné, directeur général de TotalEnergies, a annoncé la relance lors d’une cérémonie en présence du président mozambicain Daniel Chapo. L’entreprise avait déclaré une situation de force majeure levée en octobre, ce qui a permis de débloquer le projet Mozambique LNG. Cette annonce marque une étape décisive pour la reprise des activités dans la région.
Le projet revêt une importance capitale pour le continent africain, constituant l’investissement énergétique privé majeur en Afrique et générant des milliers d’emplois. Des gisements sous-marins considérables de gaz naturel gisent au large de Cabo Delgado, positionnant potentiellement Maputo parmi les principaux exportateurs mondiaux de gaz vers 2025.
TotalEnergies réclame au gouvernement mozambicain une compensation de 4,5 milliards de dollars pour surcoûts liés au retard, une prolongation décennale de la concession, ainsi qu’un rattrapage des quatre années perdues. Ces demandes reflètent l’impact financier considérable de l’interruption du projet sur le groupe énergétique.
La présidence mozambicaine souligne que cette reprise constitue une étape significative pour l’économie nationale et renforce la confiance des partenaires internationaux dans le potentiel énergétique du pays. L’insurrection dans Cabo Delgado, dirigée par un groupe affilié à l’État islamique, a cependant causé plus de 6 300 décès depuis 2017. TotalEnergies fait l’objet d’une plainte pour crimes de guerre et torture liés au site.



