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Les soignants face à une consommation galopante de protoxyde d’azote parmi les jeunes, une substance aux effets complexes et variés

Esteban Ortega

Les professionnels de santé observent une augmentation préoccupante de la consommation de protoxyde d’azote chez les jeunes. À l’hôpital René-Muret de Sevran, la neurologue Irène Coman constate que cette substance provoque des effets complexes et variés chez les consommateurs réguliers. Les patients arrivent avec des symptômes moteurs, des troubles sphinctériens, des douleurs persistantes ou une perte de sensations, accompagnés de difficultés cognitives.

Il y a seulement quelques années, les cas liés à cette toxicité étaient rares dans les unités de rééducation neurologique. Aujourd’hui, les médecins reçoivent régulièrement des jeunes patients, souvent âgés d’une vingtaine d’années, présentant des complications sérieuses nécessitant une hospitalisation. Ces atteintes deviennent progressivement visibles dans les services médicaux. La situation a évolué suffisamment pour justifier la création d’une filière spécialisée.

En janvier, l’hôpital francilien a ouvert la première unité dédiée à cette prise en charge. Cette structure s’efforce d’identifier et de soigner les jeunes consommateurs qui passent souvent inaperçus. Nombreux sont ceux qui ne bénéficient pas d’un repérage médical précoce, ce qui retarde ou compromet les interventions thérapeutiques nécessaires.

Le protoxyde d’azote reste facile d’accès et abordable financièrement, malgré l’interdiction de sa vente aux mineurs depuis 2021. Initialement destiné aux applications médicales et culinaires, ce gaz est détourné de ses usages légitimes. Sa popularité augmente auprès de jeunes en quête de nouvelles sensations. Le passage d’une utilisation occasionnelle à une consommation régulière représente un risque substantiel.

Les données chiffrées sur l’ampleur réelle du phénomène demeurent insuffisantes. Cependant, les observations cliniques révèlent une tendance alarmante concernant le nombre de personnes développant des troubles de l’usage, une dépendance et des séquelles durables liées à cette substance. Les enjeux sanitaires associés restent mal documentés et sous-estimés. Cette lacune complique la mise en place de stratégies de prévention et de sensibilisation adaptées.

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