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Les attaques jihadistes dans l’État de Borno au Nigeria font des dizaines de morts

Baptiste Lacomme

Le nord-est du Nigeria traverse une période critique marquée par une intensification des attaques jihadistes. Dans la nuit du 28 au 29 janvier, des combattants de l’État islamique en Afrique de l’Ouest ont mené une opération meurtrière dans l’État de Borno, faisant plusieurs dizaines de victimes parmi lesquelles des militaires. Les témoignages recueillis auprès de groupes d’autodéfense locaux confirment l’ampleur du bilan humain.

Selon les autorités locales, vingt corps ont été acheminés vers l’hôpital général de Biu après l’assaut perpétré à Sabon Gari. Les victimes comprenaient cinq soldats, quinze ouvriers du bâtiment et des chasseurs locaux. Plusieurs autres personnes ont été portées disparues, ce qui porte le bilan réel potentiellement plus haut. Des responsables de structures sanitaires et de groupes de chasse ont confirmé l’arrivée de blessés évacués du secteur attaqué.

Cette attaque s’inscrit dans un pattern récurrent de violences dans la région. Deux jours auparavant, les mêmes combattants avaient frappé près de Damasak, aux frontières du Niger, tuant neuf soldats nigérians et en laissant une dizaine sans nouvelles. L’insurrection jihadiste, active depuis 2009, a déjà provoqué plus de quarante mille décès et le déplacement de deux millions de personnes selon l’Organisation des Nations unies.

L’État islamique en Afrique de l’Ouest, né d’une scission de Boko Haram en 2016, privilégie les attaques contre les forces armées et de sécurité. Cependant, les civils ne sont pas épargnus dans ce conflit asymétrique. Bien que la violence ait diminué comparée à la décennie précédente, les risques persistent et se sont propagés aux pays voisins comme le Niger, le Tchad et le Cameroun.

Au-delà du jihadisme, des enlèvements de masse par des bandes criminelles constituent une menace croissante. Ces groupes, appelés bandits, agissent uniquement pour extorquer des rançons sans motivation idéologique. Fin janvier, plus de cent soixante-dix personnes ont été enlevées dans plusieurs églises de l’État de Kaduna lors d’une opération initialement niée par les autorités locales, provoquant une controverse majeure.

La coopération sécuritaire internationale s’intensifie face à ces défis. Les États-Unis et le Nigeria renforcent leurs partenariats militaires. Washington a mené des frappes aériennes le jour de Noël dans l’État de Sokoto contre des combattants affiliés à l’État islamique, avec l’approbation du gouvernement d’Abuja. Cette collaboration reflète les enjeux régionaux et la détermination commune à combattre les groupes armés non étatiques.

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