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L’Iran annonce l’acquittement du jeune Franco-Allemand Lennart Monterlos, arrêté pour espionnage

Aliou Sembène

Lennart Monterlos, un jeune cycliste franco-allemand, avait été arrêté en Iran durant l’été sous l’accusation d’espionnage. Ce lundi 6 octobre, le ministère iranien de la Justice a révélé que le tribunal avait finalement acquitté le jeune homme, citant des doutes sur les faits qui lui étaient reprochés.

Le pouvoir judiciaire iranien a précisé que, “malgré l’inculpation du procureur, le tribunal révolutionnaire, prenant en compte les principes juridiques et les doutes quant à l’infraction, a prononcé l’acquittement”. Monterlos, âgé de 19 ans, était entré en Iran en novembre, après avoir quitté Besançon en août pour un voyage à vélo à travers plusieurs pays.

À l’époque de son arrestation, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, avait déclaré que le cycliste avait “été arrêté pour avoir commis un délit” sans fournir davantage de détails sur la nature des faits reprochés. L’acquittement survient alors que d’autres ressortissants français demeurent détenus en Iran.

Parmi eux figurent Cécile Kohler et Jacques Paris, arrêtés en mai 2022 lors d’un séjour touristique et inculpés d’espionnage, notamment au profit d’Israël. Tous deux risquent la peine de mort et leur situation reste au cœur des tensions diplomatiques entre Paris et Téhéran.

Les autorités iraniennes examinent actuellement un possible échange de prisonniers avec la France. “La décision concernant la libération de ces deux personnes et de Mme Esfandiari est en cours d’examen par les autorités compétentes”, a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï. “Nous espérons qu’une fois les procédures nécessaires achevées, cela se fera prochainement”, a-t-il ajouté lors d’un point de presse.

La partie iranienne réclame la libération de Mahdieh Esfandiari, détenue en France depuis février pour des faits liés à la promotion du terrorisme sur les réseaux sociaux. Téhéran considère qu’il s’agit d’une détention arbitraire et multiplie les démarches pour obtenir sa remise en liberté.

En septembre, Abbas Araghchi avait annoncé publiquement qu’un “accord” sur un échange de prisonniers approchait de sa “phase finale”, ce qui avait surpris nombre d’observateurs. Paris, pour sa part, estime que Cécile Kohler et Jacques Paris sont “retenus comme otages d’État” par les autorités iraniennes.

La France avait saisi la Cour internationale de justice (CIJ) en mai, accusant l’Iran de violation du droit international dans cette affaire. Cependant, la Cour a fait savoir fin septembre qu’elle abandonnait l’examen du dossier à la demande de la France, marquant une étape supplémentaire dans ce dossier diplomatique complexe.

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