
Au Venezuela, la présidente par intérim a dévoilé son intention de proposer une loi d’amnistie générale bénéficiant à tous les détenus politiques. Cette mesure répond à des demandes récurrentes des organisations humanitaires depuis plusieurs semaines. Elle intervient dans un contexte où les États-Unis exercent une pression croissante sur Caracas pour favoriser une transition politique dans le pays.
Lors d’une cérémonie devant la Cour suprême de justice, Delcy Rodriguez a qualifié cette initiative de « loi pour réparer les blessures de la confrontation politique ». Elle a précisé que le texte couvrirait toute la période de violences politiques depuis 1999 jusqu’à aujourd’hui. La présidente s’est engagée à présenter rapidement le projet devant l’Assemblée nationale et a demandé la collaboration des élus pour son adoption rapide.
Selon l’organisation Foro Penal, plus de 700 prisonniers politiques demeurent actuellement incarcérés dans les établissements pénitentiaires du pays. Des milliers d’autres ont retrouvé leur liberté mais restent poursuivis pour terrorisme ou trahison à la patrie. Une amnistie générale éliminerait l’ensemble des poursuites judiciaires pesant sur ces individus. Le tournant autoritaire des deux dernières années avait alimenté considérablement les emprisonnements politiques.
Rodriguez a également promis la fermeture de l’Hélicoïde, une prison réputée pour ses pratiques répressives. Le centre serait transformé en espace social, sportif, culturel et commercial destiné aux familles des policiers et aux populations environnantes. La présidente a annoncé la mise en place d’une vaste consultation nationale afin de réformer le système judiciaire, que l’opposition accuse de corruption et de subordination au pouvoir exécutif.
Washington a intensifié sa pression après l’enlèvement du président Nicolas Maduro. Le gouvernement vénézuélien avait promis le 8 janvier une libération accélérée des détenus politiques, mais les mises en liberté demeurent limitées. Les autorités revendiquent plus de 800 libérations, tandis que Foro Penal en compte seulement 383 depuis décembre et 266 depuis le 8 janvier. L’opposante Maria Corina Machado a commenté que cette amnistie résulte de la pression américaine plutôt que d’une volonté spontanée du régime.



