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La toxine céruléide dans les laits infantiles, soumise à des normes plus strictes en France que dans le reste du monde

Hamza Chouraqui

Un fournisseur chinois d’ingrédients alimentaires se trouve au cœur d’une crise majeure affectant les laits infantiles. Plusieurs fabricants internationaux accusent cette entreprise d’avoir fourni une huile contaminée par des bactéries Bacillus cereus, susceptibles de produire une toxine dangereuse appelée céréulide. Cette contamination a provoqué des rappels de produits dans plus de soixante pays à travers le monde.

Les autorités françaises ont décidé de renforcer considérablement les normes de sécurité. La France abaisse le seuil de céréulide autorisée dans les laits infantiles. Le ministère de l’Agriculture impose désormais une limite de 0,014 microgramme par kilogramme de masse corporelle, contre 0,03 microgrammes auparavant. Cette mesure anticipe les recommandations scientifiques futures et marque une priorité absolue pour la protection des nourrissons.

Les géants de l’industrie laitière ont tous procédé à des retraits simultanés. Nestlé, Danone avec ses marques Blédilait et Gallia, ainsi que Lactalis avec Picot ont rappelé leurs produits depuis décembre. Des acteurs plus petits comme Vitagermine ont également retiré leurs stocks du marché. Ces rappels concernent plus d’une soixantaine de pays mondialement.

Nestlé a défendu ses pratiques en affirmant qu’aucune réglementation européenne n’obligeait à tester la céréulide. L’entreprise explique avoir suivi les procédures standard en vigueur, même si la recherche des bactéries Bacillus cereus était systématique. La toxine elle-même ne figurait pas dans les contrôles classiques avant la crise actuelle.

L’Union européenne mobilise ses ressources pour clarifier la situation. L’Efsa, agence sanitaire européenne, doit rendre un avis le 2 février sur cette toxine et les seuils appropriés. Cette agence soutient déjà le seuil français plus strict, fondé sur les normes méthodologiques les plus récentes et incluant une protection supplémentaire pour les nourrissons. En France, deux enquêtes pénales sont ouvertes suite à des décès de bébés, sans établir à ce stade de lien direct avec les laits rappelés.

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