
Les élections municipales des 15 et 22 mars présentent un défi majeur pour Les Écologistes. Le parti dirigé par Marine Tondelier doit naviguer un scrutin difficile, six ans après une « vague verte » qui avait apporté des victoires dans plusieurs grandes villes. Les oppositions cherchent activement à reprendre du terrain perdu.
Des élus écologistes abandonnent massivement les alliances locales avec le Parti socialiste pour rejoindre les listes de La France insoumise. Deux conseillers écologistes parisiens ont rallié Sophia Chikirou, candidate LFI à Paris, critiquant la politique social-démocrate menée par la capitale. Jérôme Gleizes et Emile Meunier dénoncent les désaccords sur l’urbanisme et la « LVMH-isation » de la ville. Vingt pour cent des places éligibles sur la liste LFI seront réservées à des écologistes du collectif « Verts populaires ».
Ce phénomène de défection s’étend à d’autres villes. À Avignon, Sabah Badji, cheffe de file des Écologistes, a quitté l’union avec le socialiste David Fournier pour rejoindre Mathilde Louvain, candidate insoumise. Elle a été suspendue de son poste par son parti. À Nantes, Patrice Boutin, adjoint à la maire socialiste, a rejoint la liste LFI. À Montpellier, neuf élus écologistes ont basculé vers la candidate insoumise.
Les Écologistes accusent La France insoumise d’ingérence politique. Une cadre du parti dénonce des « barbouzeries politiques » et une stratégie de désunion visant à transformer les municipales en « champ de ruines pour la gauche ». Le bureau politique a donné 72 heures aux signataires d’une tribune critique pour se rétracter, sous peine de suspension. Paul Vannier, de LFI, rejette ces accusations, affirmant que son mouvement agit « de façon publique et transparente ».
Les Écologistes sont pris en étau entre le PS et LFI. Les tensions nationales concernant les futures élections présidentielles et législatives se répercutent au niveau local. Marine Tondelier soutient le PS dans de nombreuses villes, tandis que LFI séduit une part croissante des sympathisants écologistes. Cette division affaiblit considérablement la gauche à un mois et demi du scrutin.



