
Au nord de l’Éthiopie, la région du Tigré connaît une montée des tensions depuis quelques jours. L’armée fédérale et les forces tigréennes s’affrontent dans plusieurs zones, ravivant les craintes d’un retour à la violence. Le conflit précédent, terminé en 2022, avait provoqué plus de 600 000 décès selon les estimations.
Durant la nuit du 30 au 31 janvier, deux frappes de drones ont frappé le Tigré aux premières heures du matin. La première a visé un camion chargé de bananes et de café à Enticho, au nord de la région, tuant son conducteur et blessant son assistant. Une deuxième frappe a atteint un véhicule transportant du poivre, à proximité.
Les drones restent un outil militaire privilégié de l’armée fédérale depuis plusieurs années. Ils ont été déployés massivement durant le conflit du Tigré et continuent d’être utilisés depuis 2023 contre les milices Fano dans la région Amhara voisine.
Les autorités éthiopiennes et tigréennes n’ont pas encore pris position sur ces attaques. Cependant, à Alamata au sud de Mekele, les habitants ont été évacués par précaution, craignant une escalade. En parallèle, Ethiopian Airlines a annulé tous ses vols à destination du Tigré, une première depuis la fin de la guerre en novembre 2022.
L’Union africaine a exprimé sa profonde inquiétude face à cette situation le 30 janvier. Elle a appelé toutes les parties impliquées à exercer la retenue maximale et à éviter une reprise des hostilités qui déchirerait à nouveau la région.



