
Pierre Claver Akendengue, figure emblématique de la musique gabonaise, a marqué Libreville par deux représentations successives organisées les 30 et 31 janvier. Les 600 places ont atteint le guichet fermé au tarif de 20 000 francs CFA chacune. Ces concerts demeurent exceptionnels, car les apparitions publiques de l’artiste deviennent de plus en plus espacées.
À 82 ans, le musicien a affronté les limitations imposées par l’âge et la maladie. Akendengue est resté assis durant l’intégralité de la performance à l’Institut français de Libreville. Malgré cette contrainte physique, sa voix puissante a captivé entièrement l’audience présente.
Le répertoire présenté traversait plusieurs décennies de création artistique. L’artiste a interprété des compositions de son époque pionnière dans les années soixante, période inaugurant sa carrière exceptionnelle qui s’étend sur plus de cinquante années. Des succès mondiaux comme Awana W’Africa figuraient au programme de ces soirées mémorables.
La discographie d’Akendengue témoigne d’une productivité remarquable avec environ 40 albums et 240 compositions. Considéré comme le pape de la musique gabonaise, cet auteur-compositeur possède également une formation en anthropologie. Il exploite le slam comme vecteur de messages politiques, enrichissant sa pratique musicale d’une dimension citoyenne forte.
L’établissement culturel a décidé d’honorer l’artiste en renommant son espace de spectacles depuis le 31 janvier. La salle porte désormais son patronyme en reconnaissance de son œuvre monumentale et de sa contribution capitale au patrimoine musical africain.



