
Benjamin Girard, représentant syndical de la CGT chez Capgemini à Nantes, exige l’arrêt immédiat de toute collaboration avec le gouvernement américain. Le groupe vient d’annoncer la vente de sa filiale qui fournissait à l’agence fédérale d’immigration un logiciel de surveillance et de localisation des étrangers.
Le syndicaliste qualifie cette décision de « lâche » car l’outil reste en circulation. Plutôt que de détruire cet instrument problématique, Capgemini le transfère simplement à un tiers. Girard compare ce choix à vendre une arme après l’avoir utilisée, espérant ainsi effacer sa responsabilité morale.
Ce partenariat entre la filiale de Capgemini et l’agence d’immigration américaine a été révélé en janvier. L’entreprise cotée au CAC40 entretient des liens commerciaux avec cette police fédérale activement mobilisée par l’administration Trump pour sa campagne anti-immigration.
La CGT demande un audit complet des contrats avec cette agence depuis 2007. Les représentants syndicaux exigent également des garanties écrites empêchant de futures collaborations problématiques. Ils réclament une révision des accords liés à l’armement et à la défense, ainsi qu’une clause de conscience protégeant les employés contre les représailles.
Le syndicat élargit sa contestation au-delà du cas américain. Capgemini opère dans cinquante pays et collabore avec diverses institutions impliquées dans des conflits armés et des violences. La CGT dénonce notamment les partenariats avec le ministère français de l’Intérieur, des Armées, et des entreprises d’armement impliquées dans des conflits mondiaux.



