
Tenzin Gyatso, leader spirituel du bouddhisme tibétain, a remporté dimanche son premier Grammy Award dans la catégorie livre audio lors de la 68e cérémonie à Los Angeles. Son ouvrage intitulé Meditations. The Reflections of His Holiness the Dalai Lama a été récompensé. Le compositeur Rufus Wainwright a reçu la distinction au nom du chef religieux, qui a exprimé sa gratitude avec humilité par un message sur les réseaux sociaux.
Le dalaï-lama, qui dirige les Tibétains depuis l’âge de deux ans, ne voit pas cette consécration comme un honneur personnel. Il y considère plutôt une reconnaissance de responsabilité universelle commune. Dans son allocution, il a souligné l’importance de la paix, de la compassion et de la compréhension de l’unité humaine pour le bien-être collectif des huit milliards d’humains.
À quatre-vingt-dix ans, ce lauréat du prix Nobel de la paix demeure en exil en Inde depuis 1959. Il avait alors quitté Lhassa, capitale tibétaine, craignant pour sa vie après l’écrasement d’une insurrection par les forces chinoises. Le Tibet, désormais territoire chinois, reste au cœur de tensions géopolitiques persistantes.
Cet enregistrement audio, disponible sur les plateformes musicales, a bénéficié de collaborations prestigieuses. Maggie Rogers et Rufus Wainwright ont participé à sa réalisation. Historiquement, d’autres figures politiques américaines ont remporté cette distinction : l’ex-président Jimmy Carter à titre posthume, ainsi que Barack Obama et Bill Clinton avec deux Grammy Awards chacun.
Pékin a immédiatement réagi à cette reconnaissance. Le porte-parole Lin Jian a qualifié le dalaï-lama d’exilé politique menantactivités séparatistes. La Chine s’oppose fermement à toute utilisation de prix artistiques pour des visées politiques dirigées contre elle, denoncant selon elle une manipulation.
Le dalaï-lama a renoncé en 2011 à tout rôle politique au bénéfice d’un gouvernement élu. L’année précédente, il a déclaré que son successeur serait désigné sans intervention des autorités chinoises, une position que Pékin réprouve catégoriquement et refuse de reconnaître.



