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Le policier accusé d’avoir éborgné Jérôme Rodrigues lors des manifestations des gilets jaunes sera jugé

Esteban Ortega

Sept années se sont écoulées depuis les débuts du mouvement des Gilets jaunes. La cour d’appel parisienne a confirmé, le 2 février, le renvoi devant une cour criminelle d’un agent de police accusé d’avoir causé la perte de vision d’un œil à Jérôme Rodrigues, leader emblématique du mouvement, lors d’une manifestation parisienne survenue en 2019.

Les éléments d’enquête démontrent des charges suffisantes contre le suspect concernant des actes de violence volontaires commis avec une grenade de désencerclement. Cette agression a provoqué chez la victime une perte définitive de l’usage de l’œil droit. La qualification de ces faits s’en trouve aggravée du fait que l’auteur, dénommé Brice C., exerçait des fonctions de gardien de la paix.

L’avocat de Rodrigues, maître Arié Alimi, a salué cette décision, tout en soulignant la longueur du processus judiciaire. Il a déclaré que l’institution policière avait longtemps freiné cette issue, déplorant les déceptions successives infligées aux victimes de violences policières par les enjeux politiques et électoralistes.

Concernant un second agent de police soupçonné d’avoir tiré à la jambe un camarade de Rodrigues avec un lanceur de balles de défense, la chambre de l’instruction a confirmé le non-lieu. Les juges avaient établi que le groupe de manifestants n’était pas violent, écartant ainsi la légitime défense invoquée par la défense du policier.

Pendant la manifestation du 26 janvier 2019, place de la Bastille, Brice C., membre d’une compagnie d’intervention, a utilisé une grenade contre Rodrigues. La défense de l’agent avait prétendu réagir à des jets de projectiles, argumentation rejetée par les magistrats instructeurs basée sur des observations factuelles du contexte.

L’avocat du policier a dénoncé l’injustice de cette décision, affirmant disposer de preuves factuelles innocentant son client. Il a exprimé sa confiance dans le jugement ultérieur de la cour criminelle, estimant que celle-ci examinera plus attentivement les éléments factuels présentés.

Ce procès constituera l’un des premiers jugements concernant les violences policières lors des Gilets jaunes. Durant le mouvement de l’hiver 2018-2019, environ vingt-trois personnes avaient perdu un œil, selon les relevés effectués.

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