
Depuis la mi-décembre 2025, une vaste campagne de rappel de laits infantiles contaminés par la toxine céréulide s’étend mondialement. La France applique depuis le 2 février des normes renforcées et au moins cinq nourrissons ayant consommé ces produits ont été hospitalisés suite à leur ingestion.
Nestlé a initié cette mobilisation de rappels, rapidement suivie par des concurrents majeurs comme Danone et Lactalis, ainsi que par d’autres producteurs du secteur. Cependant, des associations de consommateurs et des familles reprochent aux autorités publiques et aux fabricants d’avoir attendu trop longtemps avant de réagir face à ce problème sanitaire grave.
La bactérie Bacillus cereus produit cette toxine dangereuse. Les enquêtes pointent du doigt un fournisseur chinois, Cabio Biotech, responsable de la production d’une huile riche en oméga-6 contaminée. Cette contamination provoque des vomissements et diarrhées potentiellement graves chez les nourrissons. Plusieurs industriels soulignent que cette toxine reste difficile et rare à détecter, justifiant certains rappels effectués par simple précaution.
L’association Foodwatch, accompagnée de huit familles, a porté plainte jeudi dernier en accusant les fabricants de retards injustifiés dans le rappel des lots suspects. Elle souligne qu’aucun contaminant n’a sa place dans les laits destinés aux bébés, indépendamment de l’absence de normes européennes explicites sur certaines substances.
À présent, les autorités françaises enquêtent sur deux décès de nourrissons ayant consommé ces laits. Environ quarante signalements de bébés malades ont été adressés aux agences régionales de santé. Le ministère de la Santé précise que parmi les trente cas examinés, les laits consommés n’appartenaient pas aux lots retirés du marché, et que les gastro-entérites demeurent fréquentes chez les nourrissons actuellement.
Cinq nourrissons ont été hospitalisés en France après avoir ingéré des laits concernés par les rappels, bien que les autorités affirment qu’aucun lien direct n’est établi à ce stade. Le ministère précise que tous ces enfants ont quitté l’hôpital et que des gastro-entérites peuvent expliquer l’ensemble de ces cas signalés.
Les rappels massifs ont commencé en mi-décembre chez Nestlé, enclenchant une série de décisions similaires à l’échelle mondiale de la part d’autres géants de l’industrie. Nestlé affirme avoir appliqué une tolérance zéro face à la présence de céréulide, rappelant tous les produits contaminés, y compris ceux dépassant légèrement les seuils en vigueur.
Foodwatch accuse également les autorités françaises d’avoir tardé. La direction générale de l’alimentation explique avoir opté pour des retraits ciblés plutôt qu’un rappel massif afin d’éviter d’éventuelles pénuries de produits essentiels. Elle affirme avoir été informée de la contamination lors des premiers rappels de Nestlé, le 10 décembre, soit environ dix jours après la découverte initiale.
Des contrôles réalisés en décembre dans une trentaine de pharmacies françaises ont révélé des défaillances supplémentaires. Sur trente et une officines inspectées, environ dix pour cent avaient conservé les produits contaminés sur leurs rayons sans les retirer. Une deuxième campagne de vérifications a été lancée en janvier couvrant un nombre bien plus important de points de vente.
Depuis le 2 février, la réglementation s’est durcie avec l’introduction d’un seuil limite plus strict pour la toxine céréulide. L’Autorité européenne de sécurité des aliments recommande de réduire de moitié le seuil autorisé dans les laits infantiles, fixant une dose limite à 0,014 microgrammes par kilogramme de poids corporel.
La France a anticipé cette décision en abaissant son propre seuil au même niveau 0,014 microgrammes par kilogramme, renforçant ainsi la sécurité par rapport à l’ancien seuil de 0,03 microgrammes. Directement affectées, deux marques ont annoncé lundi des rappels additionnels : Popote retire deux lots et Vitagermine en retire trois. Ces fabricants précisent que leurs autres gammes de produits restent inaffectées.
Les producteurs s’attendent à des rappels supplémentaires avec ce nouveau seuil strictement appliqué. La direction générale de l’alimentation supervise étroitement ces retraits et anticipe d’autres campagnes dans les semaines à venir suite aux contrôles intensifiés.



