
Le Mali connaît une situation sécuritaire critique concernant son approvisionnement en carburant. Une attaque menée le 29 janvier par le groupe jihadiste Jnim a ciblé un convoi de camions-citernes près de Kayes, faisant au moins une douzaine de chauffeurs et dix militaires tués. Les terroristes ont également incendié une vingtaine de citernes, semant la terreur parmi les transporteurs.
Moussa, un chauffeur rescapé de cette attaque sanglante, témoigne des conditions horrifiantes rencontrées. Lors du surgissement des jihadistes, lui et ses confrères ont dû fuir à pied sur plus de vingt kilomètres. Les militaires censés les escorter avaient épuisé leurs munitions. Plusieurs chauffeurs ont été égorgés, d’autres abattus par balles, tandis que certains cadavres restaient abandonnés au bord de la route.
Malgré cette tragédie, les approvisionnements en carburant s’améliorent à Bamako depuis dix jours, une première depuis le début de l’embargo jihadiste d’août dernier. Le ministère de l’Industrie rapporte l’importation de centaines de citernes chaque semaine. Dans la capitale, les stations-service fonctionnent normalement et les files d’attente ont disparu, procurant un soulagement appréciable aux résidents.
Cependant, cette amélioration reste fragile et localisée. L’électricité demeure fortement rationnée, limitée à six ou huit heures quotidiennes à Bamako. En régions comme Ségou, Sikasso et Koutiala, les pénuries persistent dangereusement. Les convois arrivent au compte-gouttes, incapables de satisfaire la demande réelle. De nombreux habitants recourent au marché noir pour obtenir du carburant aux prix exorbitants.
Les autorités de transition ont annoncé il y a deux semaines un dispositif de rationnement du carburant en stations, mais ce système n’a toujours pas été mis en œuvre. Aucune date officielle n’a été communiquée pour son lancement. Les citoyens, conscients de la précarité de la situation, accumulent l’essence par précaution contre une nouvelle détérioration. La menace jihadiste reste présente et omniprésente dans les esprits.



