La divulgation de plus de trois millions de documents par la justice américaine le 30 janvier a contraint de nombreuses personnalités à clarifier leurs rapports avec Jeffrey Epstein. En France, Jack Lang et sa fille Caroline ont reconnu des liens amicaux et financiers avec l’homme d’affaires décédé en 2019, tout en affirmant ignorer l’existence du trafic sexuel qu’il orchestrait.
Des personnalités aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Norvège et en Belgique se trouvent également impliquées dans ces révélations. L’accès à cette masse considérable de vidéos, textes et images est possible depuis la France pour les utilisateurs déclarant être majeurs. Cette publication soulève des questions essentielles sur les motivations et l’origine de ces documents.
Le Congrès américain a adopté le 19 novembre la loi sur la Transparence des dossiers Epstein, une initiative bipartisane portée par Thomas Massie et Ro Khanna. Cette législation imposait à la justice de rendre public tous les documents relatifs à l’enquête sur Epstein et sa compagne Ghislaine Maxwell. Elle répondait à une demande des victimes et une volonté d’exposer les liens du criminel avec des responsables publics et potentielles complicités.
La loi stipulait que la publication devait intervenir dans les 30 jours suivant l’adoption du texte. Les fichiers devaient être accessibles en recherche et téléchargement. La base de données agrège pêle-mêle procès-verbaux d’auditions, correspondances, billets d’avion, factures et éléments investigatifs. Aucun document ne devait être retiré ou censuré pour protéger une réputation ou sensibilité politique, sauf pour identifier les victimes.
L’application pratique de cette loi s’est écartée du cadre prévu. Une première publication en décembre a fourni seulement quelques milliers de fichiers avec de nombreux noms caviardés. Les victimes ont protesté contre cette transparence insuffisante. Un mois supplémentaire a été nécessaire avant la divulgation substantielle du 30 janvier portant le total à 3,5 millions de documents.
Les autorités affirment que l’intégralité du dossier Epstein a maintenant été publiée. Cependant, environ cent victimes ont saisi la justice pour demander la fermeture du site, estimant que leurs identités ont été compromises. Un juge américain doit examiner cette requête le 4 février.



