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Seif al-Islam Kadhafi, fils du dictateur libyen, assassiné à son domicile par un groupe armé de quatre individus

Esteban Ortega

Seif al-Islam Kadhafi, fils du dictateur libyen défunt Mouammar Kadhafi, a été assassiné mardi 4 février dans l’ouest de la Libye. Un commando de quatre personnes l’a tué dans sa résidence à Zenten, selon son avocat français Marcel Ceccaldi. L’homme de 53 ans était recherché par la Cour pénale internationale pour crimes contre l’humanité.

Avant la chute du régime en 2011, Seif al-Islam était envisagé comme successeur potentiel de son père. Il s’était construit une image de modéré et de réformateur. Cette réputation s’est gravement endommagée quand il a menacé de bains de sang au début de la rébellion contre le régime.

Selon le conseiller Abdullah Othman Abdurrahim, les quatre hommes ont neutralisé les caméras de surveillance avant de prendre d’assaut la résidence et d’exécuter Seif al-Islam. L’identité des auteurs reste inconnue. Son avocat a révélé avoir appris des problèmes de sécurité une dizaine de jours avant le meurtre. Le chef de la tribu Kadhafi avait même proposé du renfort en sécurité, qu’il a refusé.

Arrêté en 2011 dans le sud libyen, Seif al-Islam avait été détenu à Zenten avant sa condamnation à mort en 2015. Il a bénéficié d’une amnistie et vivait depuis en se déplaçant régulièrement. En 2021, il avait présenté sa candidature à la présidentielle, espérant le soutien des nostalgiques du régime ancien. L’élection n’a jamais eu lieu.

Emad Badi, expert politique, affirme que cette mort pourrait transformer Seif en martyr auprès de nombreux Libyens. Elle modifierait aussi les équilibres électoraux en éliminant un candidat controversé. Moussa Ibrahim, ancien porte-parole du régime, a dénoncé cet acte en le qualifiant de “perfide”, affirmant que Seif voulait une Libye unie et souveraine.

Depuis la chute de Mouammar Kadhafi, la Libye demeure fragmentée. Deux gouvernements rivalisent pour le contrôle du pays. Le gouvernement d’unité nationale dirigé par Abdelhamid Dbeibah siège à Tripoli et bénéficie de la reconnaissance internationale. À l’est, un exécutif basé à Benghazi reste contrôlé par le maréchal Haftar, qui a étendu sa présence militaire vers le sud.

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