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Les manifestants vénézuéliens en faveur de Nicolas Maduro exigent son retour au pouvoir dans le pays

Esteban Ortega

Des milliers de partisans du régime ont envahi les rues de Caracas mardi 3 février pour réclamer le retour de Nicolas Maduro, le président déchu capturé par les autorités américaines le 3 janvier dernier. Cette manifestation illustre la division persistante au Venezuela. Les sympathisants scandaient des slogans appelant au retour du leader, tandis que des drapeaux géants affichaient son visage aux côtés de celui de Cilia Flores, son épouse.

La présidente par intérim Delcy Rodriguez travaille intensément sur une loi d’amnistie générale annoncée vendredi. Cette amnistie vise à réconcilier le pays après la violence politique. Elle entend créer un cadre permettant au Venezuela de dépasser cette période d’extrémisme et de violence. L’opposition demande que ce texte soit adopté rapidement pour faciliter les libérations de détenus politiques toujours retenus dans les prisons.

Les manifestants, nombreux employés du secteur public, portaient des vêtements rouges aux couleurs du parti de Maduro, le PSUV. Des camions diffusaient de la musique tandis que résonnaient des cris de soutien. José Perdomo, 58 ans et agent municipal, a exprimé sa tristesse tout en affirmant croire à la libération prochaine de son président. Il a également déclaré soutenir les mesures prises par la présidente par intérim.

Au-delà de l’amnistie, Rodriguez a promis des réformes majeures dont la fermeture de la prison de l’Hélicoïde, tristement célèbre pour les abus. Des réformes du code minier et des lois pétrolières visent à ouvrir ces secteurs aux investissements privés. Des centaines de détenus politiques ont déjà été libérés, bien que le processus se poursuive graduellement face aux familles attendant toujours la libération de leurs proches.

En parallèle, des étudiants et familles de prisonniers se sont mobilisés à l’université centrale du Venezuela pour demander l’adoption immédiate de la loi d’amnistie. Environ 500 personnes exigeaient la liberté sans délai. Ces protestations marquent un retour des mouvements étudiants, autrefois intensifs mais réprimés après les élections contestées de 2024 qui avaient provoqué 2 500 arrestations environ.

L’opposition vénézuélienne continue de plaider pour un changement gouvernemental par le biais d’élections démocratiques. Les tensions entre Caracas et Washington remontent à 2019 quand les États-Unis ont remis en question la légitimité de la réélection de Maduro. Pendant ce temps, le ministre de la Défense réaffirme que l’armée soutient les efforts de réconciliation nationale et le renforcement du système démocratique.

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