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Lula préside le carnaval de Rio dans une atmosphère de tensions politiques et de divisions sociales marquées

Rob Laurens

Le défilé de l’école de samba Academicos de Niteroi lors du carnaval de Rio, prévu le 15 février, génère une vive controverse politique. À huit mois des élections présidentielles, ce spectacle revêt une dimension électorale majeure. L’événement au Sambodrome pourrait se transformer en meeting politique plutôt qu’en simple célébration carnavalesque traditionnelle.

Les Academicos ont choisi de mettre en scène l’histoire du président Luiz Inacio Lula da Silva, depuis son enfance dans le Nord-Est pauvre jusqu’à son accès à la présidence, en passant par son engagement syndical. Le leitmotiv « Olé, olé, olé, ola / Lula, Lula » scandé par ses partisans structurera le défilé inaugural. Comme chaque année, l’école présentera des costumes extravagants et des chars allégoriques spectaculaires.

Les responsables de l’école affirment qu’il s’agit d’un hommage et non de propagande. Hamilton Junior, directeur de l’école, justifie ce choix en soulignant que nombreux membres ont bénéficié des politiques publiques du président. Les répétitions au Sambodrome ont montré une présence omniprésente du visage de Lula sur les banderoles et t-shirts.

Le spectacle comporte des représentations critiques envers Jair Bolsonaro. L’ancien président, condamné à 27 ans de prison pour tentative de coup d’État, apparaît en uniforme de prisonnier sur écran géant. Des images le montrent avec les mains tachées de sang, allusion aux décès liés à la pandémie. Les paroles de la chanson évoquent transparemment les sanctions commerciales imposées par Donald Trump après le procès Bolsonaro.

L’opposition conteste vivement cette utilisation des fonds publics. Le député Kim Kataguiri a intenté une action en justice pour récupérer les 162 000 euros versés à l’école. Il qualifie l’allocation de fonds fédéraux d’inacceptable durant une année électorale. D’autres parlementaires de droite ont saisi la Cour des comptes pour bloquer ces financements, tandis qu’une sénatrice bolsonariste demande l’interdiction de la retransmission télévisée.

L’agence fédérale Embratur responsable du versement affirme respecter l’autonomie artistique et la liberté d’expression des écoles de samba. L’école recevra également 4,4 millions de réaux de la municipalité de Niteroi, gouvernée par un allié politique de Lula. Les participants considèrent ce défilé comme une représentation authentique du Brésil contemporain.

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