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Nigeria : l’armée annonce avoir tué 50 djihadistes armés de drones

Baptiste Lacomme

Les forces armées nigérianes ont mené, jeudi 23 octobre, une vaste opération dans le nord-est du pays, au cours de laquelle elles affirment avoir neutralisé une cinquantaine de combattants djihadistes équipés de drones. Ces affrontements ont eu lieu dans une région régulièrement secouée par l’insurrection islamiste depuis plus d’une décennie.

Les militaires, appuyés par l’aviation, ont été confrontés à des attaques coordonnées contre plusieurs de leurs bases, notamment dans les villes de Dikwa, Mafa et Gajibo, situées dans l’État de Borno, ainsi qu’à Katarko, dans l’État voisin de Yobe. Les autorités n’ont pas officiellement désigné la faction responsable, mais des sources du renseignement évoquent la branche dissidente Iswap.

Selon le lieutenant-colonel Uba Sani, « les opérations conjointes au sol et dans les airs ont permis de neutraliser plus de cinquante terroristes sur l’ensemble des sites ». Il a également précisé que les forces nigérianes poursuivent des opérations pour retrouver « plus de 70 djihadistes blessés », tout en confirmant la saisie d’un important arsenal, comprenant des kalachnikovs, des mitrailleuses et des lance-roquettes.

Des images consultées par l’Agence France-Presse montrent des soldats posant devant les corps de plusieurs djihadistes abattus. Plusieurs militaires ont été blessés lors de ces affrontements, sans que leur nombre exact ne soit communiqué par les autorités.

Les combats ont été particulièrement violents à Mafa et Dikwa, où les djihadistes, utilisant des drones armés et des lance-roquettes RPG, ont réussi à endommager des véhicules et des bâtiments militaires. Une partie des défenses de ces bases a été temporairement mise à mal par l’assaut.

Dans cette zone d’Afrique de l’Ouest, l’utilisation de drones, souvent de type commercial modifié pour larguer des explosifs, s’est accrue parmi les groupes armés. Le conflit, qui sévit depuis 2009, a déjà causé plus de 40 000 morts et forcé deux millions de personnes à fuir, selon l’ONU. Il s’est également propagé au-delà des frontières du Nigeria, atteignant le Niger, le Cameroun et le Tchad.

Un rapport sécuritaire destiné aux Nations unies indique que les assaillants ayant attaqué Gajibo et Dikwa auraient franchi la frontière depuis le Cameroun. Malgré leurs pertes, dont cinq commandants, les islamistes sont parvenus à investir la base de Mafa et à la piller après avoir forcé les soldats à se replier.

« Des véhicules et des bâtiments ont également été détruits par les tirs des drones armés des terroristes et des lance-roquettes RPG [antichars] pendant les combats, notamment à Mafa et Dikwa, où une partie des défenses a été momentanément percée », détaille le communiqué de l’armée.

Des habitants de Mafa ont montré à l’AFP des photos de camions brûlés qu’ils attribuent à l’attaque djihadiste, bien que leur authenticité n’ait pu être vérifiée de manière indépendante. Ces événements illustrent la « capacité persistante » d’Iswap à cibler l’armée nigériane, malgré les pertes subies.

Les attaques de Boko Haram et d’Iswap se sont multipliées ces derniers mois après une période de relative accalmie. Début octobre, une attaque sur une base de Borno a coûté la vie à au moins sept militaires, tandis qu’une embuscade dans le district de Konduga a fait sept morts supplémentaires, dont un commandant, lors d’une opération contre un convoi.

Depuis 2019, l’armée nigériane a choisi de regrouper ses effectifs dans de grandes garnisons fortifiées, les « supercamps », espérant ainsi mieux résister aux offensives. Toutefois, certains observateurs estiment que cette stratégie a facilité les déplacements des groupes armés dans les zones rurales, augmentant le risque d’enlèvements sur les axes routiers.

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