
Le nom du mathématicien Cédric Villani figure dans la correspondance électronique d’Jeffrey Epstein, un homme d’affaires condamné pour crimes sexuels. Des messages échangés entre 2017 et 2018 révèlent que le financier souhaitait rencontrer l’ancien député français pour discuter de projets d’envergure dans le domaine des sciences.
Jeffrey Epstein se présentait comme expert en finances et devises numériques, cherchant à établir des contacts dans les milieux intellectuels parisiens. Il proposait régulièrement des rendez-vous à Cédric Villani lors de ses déplacements à Paris. Les échanges s’inscrivaient dans une démarche de mise en relation avec des figures scientifiques de renom, en particulier des mathématiciens de notoriété reconnue.
Une rencontre a effectivement eu lieu dans un hôtel particulier parisien, où Epstein a exposé son projet ambitieux : financer un prix récompensant les avancées en mathématiques appliquées à la biologie et à la complexité. L’homme d’affaires a exprimé un souhait particulier concernant cette initiative philanthropique : que son nom n’apparaisse pas publiquement en tant que mécène de cette distinction académique.
Lors de cette rencontre, Epstein a mentionné plusieurs mathématiciens de prestige et a établi des comparaisons entre des figures politiques, notamment Donald Trump et Emmanuel Macron. Cédric Villani a trouvé ces rapprochements étranges et dénués de sens réel, révélant ainsi une certaine maladresse dans l’approche du financier ou une méconnaissance évidente du contexte français.
Après investigation, Cédric Villani a découvert les antécédents judiciaires de son interlocuteur, notamment une condamnation antérieure liée à des délits graves. Son équipe de l’époque l’a vivement reproché d’avoir accepté cette rencontre. Le mathématicien a poliment refusé toutes les invitations ultérieures jusqu’en mai 2018, y compris une demande pour faciliter une entrevue avec Bruno Le Maire, ministre français de l’Économie.
Jeffrey Epstein a été arrêté l’année suivante et s’est suicidé en détention. Cédric Villani reconnaît aujourd’hui que le personnage revêtait plusieurs masques professionnels et que sa capacité à se réinventer demeure mal connue du grand public. L’ancien député considère que des zones d’ombre subsistent concernant les activités réelles du criminel et ses connexions internationales.



