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Destruction d’un mas du XVe siècle à Fontvieille, Nicolas Sarkozy vraiment assigné en justice pour cela?

Annabelle Chesnu

Les apparences peuvent être trompeuses dans certaines affaires judiciaires. Nicolas Sarkozy, confronté à plusieurs procédures judiciaires et condamné précédemment, attire naturellement l’attention médiatique. Un jugement tenu le 29 janvier au tribunal de Tarascon concernant des travaux d’urbanisme illégaux a ravivé son nom ainsi que celui de Carla Bruni-Sarkozy, suscitant des interrogations erronées sur leur implication réelle.

Le procès examinait spécifiquement la destruction en 2021 d’une bâtisse ancienne du XVe et XVIe siècle. Cette construction historique était implantée sur le domaine d’Estoublon, une propriété gérée par une holding dont Stéphane Courbit, homme d’affaires et personnalité médiatique, détient des parts, aux côtés du couple Sarkozy-Bruni. L’accusé principal demeurait toutefois Stéphane Courbit, non les anciens présidents.

La structure financière révèle la véritable hiérarchie des propriétaires. Le domaine d’Estoublon a été acheté en 2020 par une société agricole elle-même contrôlée par la holding Estoublon Holding, constituée le 31 janvier 2020. Stéphane Courbit y exerce la fonction d’actionnaire majoritaire, partageant certaines parts avec Nicolas Sarkozy et son épouse. Le couple Sarkozy-Bruni possède seulement des parts minoritaires dans cette structure d’investissement.

Selon Benoist Busson, avocat de la Ligue de défense des Alpilles qui a initialisé la plainte en février 2024, la situation s’avère plus nuancée. Le couple Bruni-Sarkozy n’est qu’un bénéficiaire très indirect de la société agricole exploitante. Stéphane Courbit, en tant que président d’Estoublon Holding et actionnaire majoritaire, constitue le prévenu principal. Les enquêtes confirment d’ailleurs que Courbit demeure la personne physique détenant la majorité des parts de l’ensemble du complexe.

La société agricole avait précédemment été condamnée à 150 000 euros d’amende en mai 2025 suite à une reconnaissance préalable de culpabilité. La Ligue de défense des Alpilles a engagé une nouvelle procédure visant à obtenir une condamnation solidaire de tous les acteurs impliqués, réclamant 100 000 euros de dommages-intérêts supplémentaires. Cette démarche inclut l’architecte Alexandre Lafourcade qui a dirigé les travaux litigieux. Nicolas Sarkozy et son épouse ne figureront pas parmi les condamnés du jugement attendu le 30 avril.

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