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Le déploiement militaire du président nigérian intervient suite au massacre de cent soixante-deux personnes dans l’État de Kwara

Romain Mazzotti

Une attaque menée mardi dans le village de Woro, situé en centre-ouest du Nigeria dans l’État de Kwara, a fait au moins 162 morts selon les autorités. Le président a imputé cette violence aux jihadistes de Boko Haram et a ordonné le déploiement militaire mercredi pour sécuriser la région de Kaiama.

Babaomo Ayodeji, responsable de la Croix-Rouge nigériane locale, a confirmé que les recherches de corps supplémentaires se poursuivent. Le gouverneur de l’État, AbdulRahman AbdulRazaq, a évoqué un bilan différent de 75 tués. Les assaillants ont incendié commerces et palais royal, créant une situation où le sort du roi reste inconnu.

Le président Bola Tinubu a qualifié l’attaque de « lâche et bestiale » tout en louant la communauté locale. Les habitants de Woro, bien que majoritairement musulmans, ont refusé d’adhérer à une doctrine islamique prônant la violence plutôt que le dialogue et la paix.

La région connaît une insécurité complexe causée par plusieurs facteurs. Des bandes armées locales pillent villages et enlèvent habitants, tandis que menaces jihadistes augmentent progressivement. Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, affilié à Al-Qaïda, a revendiqué sa première opération nigériane dans cet État en octobre, près précisément du village ciblé.

Face à ces menaces, les autorités ont imposé couvre-feux et fermé écoles pendant plusieurs semaines avant de les rouvrir lundi. Le gouverneur considère que ce massacre exprime la frustration des cellules terroristes face aux récentes opérations militaires menées dans la région.

Récemment, l’armée nigériane a annoncé avoir « neutralisé » environ 150 terroristes dans les forêts de Kwara, sans préciser si capture ou élimination. Mardi également, une autre attaque dans l’État de Katsina au nord a tué 23 civils, vraisemblablement en représailles à des opérations militaires récentes.

Le Nigeria lutte depuis 2009 contre l’insurrection jihadiste menée par Boko Haram et l’État islamique en Afrique de l’Ouest dans le nord-est. Parallèlement, groupes armés criminels opèrent dans le nord-ouest et centre-nord, auxquels se sont joints mouvements jihadistes locaux comme Lakurawa et Mahmuda. Des chercheurs établissent des liens entre certains membres de Lakurawa et l’État islamique au Sahel actif au Niger voisin.

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