
Une enquête menée par JP Morgan révèle que 89% des family offices n’investissent pas en cryptomonnaies en 2025. Ces gestionnaires de grandes fortunes, interrogés dans 30 pays avec un patrimoine moyen de 1,6 milliard de dollars, demeurent extrêmement prudents face aux actifs numériques. Seuls 17% des familles fortunées considèrent les cryptomonnaies comme une priorité, sans toutefois en détenir.
Le bitcoin n’est pas l’unique actif délaissé par ces investisseurs conservateurs. 72% des family offices ne possèdent aucune exposition à l’or, pourtant traditionnellement considéré comme une valeur refuge. Ces gestionnaires privilégient massivement les investissements conventionnels, allouant 75% de leurs portefeuilles à des actifs éprouvés, notamment des actions américaines de grande capitalisation.
La volatilité constitue le principal obstacle à l’adoption des cryptomonnaies par les grandes fortunes. Les variations imprévisibles et la corrélation inconstante avec autres actifs suscitent des interrogations légitimes chez les responsables de patrimoine. Le rapport soulève une question fondamentale : quel rôle approprié les actifs numériques devraient-ils occuper dans une stratégie patrimoniale, et quelle proportion y consacrer?
Le contexte actuel renforce cette réticence. Le bitcoin a récemment chuté sous 80 000 dollars, perdant 40% depuis son sommet d’octobre 2025 à 126 000 dollars. Cette volatilité récente risque d’éloigner davantage les investisseurs institutionnels des marchés des cryptomonnaies. Cependant, cette fluctuation demeure modérée comparée aux krachs historiques ayant affecté le bitcoin.
Depuis sa création en 2009, le bitcoin a connu des effondrements bien plus spectaculaires, dépassant parfois 85% lors de marchés baissiers prolongés. L’arrivée des investisseurs professionnels depuis 2024, notamment via les ETF spot, a stabilisé relative le prix en créant une résistance accrue aux chocs macroéconomiques. Autrefois tributaire uniquement des échanges entre particuliers, le marché bénéficie désormais d’une base d’investisseurs plus diversifiée et institutionnelle.



