
Donald Trump a déclaré avoir scellé un accord d’un an, renouvelable, avec Xi Jinping concernant les terres rares, à l’issue de leur entretien du 30 octobre à Busan, en Corée du Sud. Le président américain a également annoncé une réduction des droits de douane sur les produits chinois, passant de 20 % à 10 %. Cette rencontre visait à apaiser les tensions commerciales entre les deux puissances, qui pèsent lourdement sur l’économie mondiale.
Après une réunion de cent minutes, les deux chefs d’État, qui ne s’étaient pas rencontrés depuis six ans, se sont contentés d’une poignée de main sans déclaration publique. Donald Trump a réservé l’annonce des résultats aux journalistes présents à bord d’Air Force One, après son départ de Busan pour Washington.
« L’accord concernant les terres rares est désormais conclu, et c’est valable pour le monde entier », a précisé Donald Trump, ajoutant que ce dispositif serait réexaminé annuellement. Il a également affirmé que la question de Taïwan n’avait pas été abordée lors de l’entretien : « Taïwan n’a jamais été évoqué. Ce sujet n’a pas été abordé. »
Relations commerciales et enjeux stratégiques entre États-Unis et Chine
Avant la réunion, Donald Trump avait exprimé son optimisme, qualifiant l’entrevue de « très réussie ». Xi Jinping, pour sa part, a déclaré : « C’est un plaisir de revoir » Donald Trump, alors que les deux dirigeants posaient devant les photographes à l’aéroport de Busan. Xi Jinping a souligné la capacité des deux pays à « assumer conjointement leurs responsabilités de grandes puissances et travailler ensemble à la réalisation de projets plus ambitieux et concrets, pour le bien de nos deux pays et du monde entier ».
Interrogé sur la reprise des essais nucléaires américains, Donald Trump n’a pas répondu. Il avait ordonné à son département de la Défense de « commencer à tester » les armes nucléaires américaines, en réaction à un test russe de drone sous-marin à capacité nucléaire. Cette décision s’inscrit dans un contexte de rivalité accrue, juste avant la tentative de trêve commerciale.
Les deux dirigeants, qui s’étaient rencontrés à cinq reprises lors du premier mandat de Trump, n’avaient plus échangé en personne depuis 2019. Depuis, la compétition sino-américaine s’est intensifiée, marquée par le retour de Donald Trump au pouvoir et une politique protectionniste affirmée, fidèle au principe « L’Amérique d’abord ».
Terres rares, droits de douane et agriculture américaine
La réduction des droits de douane américains, imposés à la Chine en réaction à sa responsabilité présumée dans la crise du fentanyl, a été confirmée par Donald Trump. En échange, Pékin suspendrait pour un an ses restrictions à l’exportation de terres rares, ressources stratégiques pour l’industrie mondiale, sur lesquelles la Chine détient une position dominante.
Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a indiqué que la Chine envisageait également de reprendre ses achats de soja américain, un enjeu crucial pour l’agriculture des États-Unis. Aucune annonce officielle n’a été faite par Donald Trump sur ce point.
Ce sommet intervient après une période de tensions exacerbées. Le 19 septembre, Donald Trump avait annoncé une rencontre prochaine avec Xi Jinping, saluant une conversation téléphonique « très productive ». La décision de Pékin, le 9 octobre, de restreindre ses exportations de terres rares a constitué un point de crispation majeur, menaçant les ambitions industrielles américaines.
Perspectives et limites de l’accord commercial sino-américain
Face à ce qu’il qualifiait de manœuvre « hostile », Donald Trump avait menacé d’augmenter fortement les droits de douane et d’annuler la rencontre, avant de revenir sur sa position. L’accord commercial en préparation ne résout pas les différends structurels entre les deux pays, qui demeurent économiques et stratégiques. Donald Trump reste préoccupé par les initiatives diplomatiques de la Chine auprès des grandes puissances émergentes et par ses liens avec la Russie.
La visite de Donald Trump en Asie s’est achevée sur une note plus sobre à Busan, après avoir été reçu avec faste en Malaisie, au Japon et en Corée du Sud, où d’importantes promesses d’investissements aux États-Unis ont été formulées.



