Sciences

Le réchauffement climatique mondial pourrait atteindre 2,5 °C d’ici la fin du siècle

LSDA1

À l’approche de la COP30 à Belém, un rapport onusien alerte sur l’insuffisance des engagements climatiques actuels. Selon le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), la trajectoire mondiale du réchauffement s’établit entre 2,3 °C et 2,5 °C d’ici la fin du siècle, même si les plans nationaux sont pleinement appliqués. Ce constat met en évidence un écart significatif avec les objectifs fixés par l’Accord de Paris.

Les dirigeants réunis sous l’égide du président brésilien Lula devront faire face à l’échec collectif à respecter les limites de température définies en 2015. L’Accord de Paris vise à contenir la hausse de la température « bien en dessous » de 2 °C, avec un objectif idéal de 1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle. Les projections actuelles indiquent que ce seuil sera probablement dépassé dans les prochaines années.

Émissions de gaz à effet de serre et tendances mondiales en 2024

L’année 2024 se caractérise par une augmentation marquée des émissions mondiales de gaz à effet de serre (+2,3 %). Cette progression est principalement attribuée à l’Inde, qui compte 1,46 milliard d’habitants, suivie de la Chine, de la Russie et de l’Indonésie. Tandis que l’Union européenne poursuit la réduction de ses émissions, les États-Unis enregistrent une stagnation (+0,1 %).

La fourchette de température publiée cette semaine affiche une amélioration d’environ 0,3 °C par rapport à l’année précédente. Cette évolution résulte en partie de modifications méthodologiques (0,1 °C) et de l’intégration des engagements américains sous l’administration Biden, dont la validité reste incertaine (également 0,1 °C).

Objectifs de Paris et évaluation des politiques climatiques

Anne Olhoff, responsable scientifique du rapport, souligne : « L’ambition et l’action ne sont pas du tout aux niveaux nécessaires dans le monde et collectivement. » Les estimations reposent sur les feuilles de route nationales à horizon 2035, attendues avant la COP30. Si l’on se base uniquement sur les politiques actuelles, le réchauffement pourrait atteindre 2,8 °C, selon l’ONU.

Un rapport distinct publié récemment par l’ONU fait état de difficultés à évaluer l’impact des plans nationaux, en raison du manque de données. La réduction des émissions serait limitée à -10 % d’ici la prochaine décennie par rapport à 2019, alors qu’une baisse de 60 % serait nécessaire. La trajectoire de l’Accord de Paris demeure ainsi hors de portée. L’ONU évoque désormais un scénario de dépassement « temporaire et minimal ».

Conséquences du réchauffement et nécessité d’une action rapide

Les experts rappellent que chaque fraction de degré supplémentaire intensifie les phénomènes extrêmes, tels que cyclones et canicules, et compromet la survie des récifs coralliens. Inger Andersen, directrice du PNUE, résume : « Nous avons encore besoin de réductions sans précédent des émissions de gaz à effet de serre, dans un délai de plus en plus court, dans un contexte géopolitique difficile. »

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page
Fermer