International

L’État islamique au Khorassan est la branche la plus meurtrière et internationale de Daech

LSDA1

EI-K, ou État islamique au Khorassan, s’impose comme la branche régionale la plus dynamique et létale de Daesh, opérant principalement en Afghanistan, au Pakistan et dans les États voisins d’Asie centrale. Son influence s’étend désormais bien au-delà de sa zone d’implantation, touchant la Russie et plusieurs pays occidentaux. Selon Gérald Darmanin, ministre de la Justice, « la principale menace » terroriste actuelle pour la France émane de ce groupe.

Le 26 octobre, un ressortissant afghan de 20 ans, suspecté de liens avec l’EI-K, a été arrêté à Lyon par la DGSI. Il est accusé d’avoir diffusé la propagande du groupe sur les réseaux sociaux et d’avoir financé des djihadistes via des transferts de fonds. Plusieurs projets d’attentats, impliquant cette organisation, ont récemment été déjoués en France et en Europe, soulignant la persistance du risque.

L’EI-K a émergé entre fin 2014 et début 2015 dans la région historique du Khorassan, couvrant principalement l’Afghanistan, ainsi que des territoires en Iran, au Turkménistan, en Ouzbékistan et au Tadjikistan. Le groupe s’est renforcé en recrutant d’anciens talibans et des djihadistes ouzbeks, séduits par l’idéologie radicale et la stratégie expansionniste de Daesh. Didier Chaudet, spécialiste de la région, précise : « Ils ont très vite mis en place une stratégie de recrutement en intégrant d’autres groupes djihadistes de la région qui ont été séduits par la logique d’expansion de Daesh et par son idéologie plus radicale. »

Expansion de l’EI-K et stratégie djihadiste transnationale

Après la perte des bastions de Daesh en Irak et en Syrie en 2019, l’EI-K a profité de l’instabilité persistante en Afghanistan et au Pakistan pour s’étendre. Le groupe compterait aujourd’hui entre 2 000 et 4 000 combattants et poursuit l’objectif d’établir un califat régional. Didier Chaudet estime : « C’est la branche la plus importante et la plus active de l’État islamique, celle qui organise le recrutement, qui fait de la propagande dans de nombreuses langues et la seule capable de frapper à l’étranger. »

Les actions violentes de l’EI-K ciblent principalement l’Afghanistan et le Pakistan, avec de multiples attaques contre les talibans et les autorités locales. En juillet, une explosion revendiquée par le groupe a tué quatre hauts fonctionnaires pakistanais à la frontière afghane. Leur capacité à frapper hors de leur zone traditionnelle reste avérée.

Attentats majeurs attribués à l’EI-K

En mars 2024, l’EI-K a revendiqué l’attaque du Crocus City Hall près de Moscou, causant 145 morts. Deux mois auparavant, une double explosion à Kerman, en Iran, avait fait 84 victimes lors des commémorations du général Qassem Soleimani. L’attentat de l’aéroport de Kaboul en août 2021 (182 morts) reste également attribué à cette branche.

Selon l’Institut français des relations internationales, « les terroristes les plus sanguinaires d’Afghanistan » semblent toutefois avoir vu leur puissance diminuer récemment. Didier Chaudet note : « Ils ont été affaiblis car les services pakistanais et turcs ont mené un grand coup de filet en 2024. Mais cela ne veut pas dire qu’ils ont été mis hors-jeu. »

Menace persistante de l’EI-K en France et en Europe

L’arrestation récente à Lyon rappelle la présence continue de la menace EI-K sur le territoire français. Cette même branche avait planifié des attaques contre le marché de Noël de Strasbourg en 2022, ainsi que dans d’autres pays européens. La directrice de la DGSI déclarait en janvier 2025 : « La menace portée par cette branche de l’EI était en tête de nos priorités. »

Les enquêtes de la DGSI ont révélé des contacts virtuels entre des jeunes en France et des membres présumés de l’EI-K à l’étranger. Didier Chaudet avertit : « Il ne faut pas la sous-estimer car même si l’EI-K est affaibli, ils sont encore assez nombreux pour faire de la propagande et recruter de “la chair à canon” pour faire des attentats. Mais il ne faut pas non plus la surexagérer en Occident. Car l’État islamique au Khorassan a d’autres ennemis plus importants comme l’Iran, la Russie ou la Chine. »

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page
Fermer