
Le président brésilien a officiellement présenté, le 6 novembre, un mécanisme financier inédit dédié à la préservation des forêts tropicales. Plusieurs États ont déjà promis des contributions totalisant plus de cinq milliards de dollars, alors que la COP30 se prépare à Belém. Cette initiative marque une étape majeure dans la lutte contre la déforestation mondiale.
La nouvelle Facilité de financement des forêts tropicales (TFFF) a été qualifiée par Luiz Inacio Lula da Silva de « l’un des principaux résultats concrets » attendus lors de la prochaine conférence climat des Nations unies. L’événement s’est tenu à Belém, ville stratégique en lisière de l’Amazonie, région essentielle pour l’absorption du carbone à l’échelle planétaire.
Le Brésil s’est engagé à verser un milliard de dollars à ce fonds, qui vise à collecter 25 milliards auprès des gouvernements partenaires. L’Indonésie a confirmé une contribution équivalente, tandis que la Norvège a proposé jusqu’à trois milliards de dollars, sous réserve de certaines conditions.
Contributions internationales et dynamique de la TFFF
La France, par la voix d’Emmanuel Macron, a annoncé à Belém un soutien additionnel de 500 millions d’euros d’ici 2030, potentiellement destiné à la TFFF. L’Allemagne participera également, sans préciser le montant, et le Portugal a promis un million d’euros. Le ministre brésilien des Finances, Fernando Haddad, a souligné que les annonces déjà faites dépassent la moitié de l’objectif fixé pour la fin de l’année prochaine.
Fernando Haddad a déclaré : « Nous sommes très enthousiastes qu’à la COP, pour la première fois, un instrument de résolution des problèmes environnementaux puisse effectivement se concrétiser. » Le WWF a salué ce lancement comme « historique », estimant que ce fonds « change la donne » pour la nature et la finance climatique.
Mauricio Bianco, vice-président de Conservation International au Brésil, a affirmé que ces engagements « marquent un tournant pour la conservation mondiale et donnent un exemple à suivre pour d’autres nations développées ».
Fonctionnement du fonds et enjeux pour la biodiversité
Le TFFF se distingue par son mode opératoire : les capitaux collectés seront investis sur les marchés financiers, et les profits générés permettront de rémunérer chaque année les pays en développement pour chaque hectare de forêt préservé. Ce dispositif vise à rendre économiquement viable la protection des forêts dans les régions tropicales les plus pauvres.
Les principaux bénéficiaires potentiels incluent le Brésil, l’Indonésie et la République démocratique du Congo, qui pourraient percevoir des centaines de millions de dollars annuellement en cas d’éradication de la déforestation. La majorité des forêts primaires se trouve dans ces pays, où la pression économique favorise souvent l’abattage plutôt que la conservation.
Toutefois, certains États, comme le Royaume-Uni, ont indiqué qu’ils ne participeraient pas à ce stade. Une source finlandaise a souligné la difficulté de mobiliser de nouveaux financements dans un contexte budgétaire mondial tendu.
Perspectives d’investissement et ambitions climatiques
Le Brésil ambitionne, si les objectifs initiaux sont atteints, d’attirer par la suite cent milliards de dollars supplémentaires d’investisseurs privés, notamment des fonds de pension et des fonds souverains. Cette stratégie vise à pérenniser le financement de la préservation des forêts tropicales à grande échelle.
Abe Assamoi, représentant ivoirien à la COP au Brésil, a déclaré à l’AFP : « Un tel fonds qui va permettre de nous aider vient à point nommé. » La Côte d’Ivoire s’est fixé pour objectif de porter la couverture forestière nationale à 20 % du territoire.



