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Attentats du 13-Novembre : Abdeslam souhaite contacter des victimes selon son avocate

Esteban Ortega

Condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour son rôle dans les attentats du 13 novembre 2015 à Paris, Salah Abdeslam exprime désormais le souhait de nouer un dialogue avec certaines victimes. Selon son avocate, Olivia Ronen, cette initiative relèverait d’une démarche de « justice restaurative » et viserait à favoriser l’échange et la compréhension mutuelle. Abdeslam aurait formulé cette volonté lors de conversations récentes, témoignant d’un cheminement singulier en détention.

L’avocate précise que son client cherche à s’engager dans un processus d’éducation, tout en rappelant qu’il avait déjà adressé des excuses publiques lors du procès. « On a une personne qui essaie d’accéder à l’éducation, une personne qui par ailleurs a présenté des excuses aux parties civiles lors de son procès, […] qui aimerait pouvoir expliquer la situation et peut-être discuter, ouvrir une porte aux parties civiles, si toutefois celles-ci le souhaitent, pour pouvoir évoquer la détention et évoquer ce procès-là », déclarait Olivia Ronen sur France Info. Elle affirme également que la demande de contact entre auteur et victimes a été formulée par certains plaignants eux-mêmes.

La justice restaurative occupe depuis une dizaine d’années une place croissante dans le paysage judiciaire français sans se substituer à la justice pénale classique. Ce dispositif permet notamment l’organisation de rencontres entre auteurs et victimes d’infractions similaires, dans l’objectif d’un apaisement social progressif. « C’est vraiment des principes de justice restaurative où les personnes mises en cause et les personnes qui ont été victimes des infractions arrivent à dépasser quelque chose pour essayer de viser – je sais qu’on en est encore loin – mais viser un apaisement social », insiste l’avocate. D’autres mécanismes existent, comme la médiation restaurative impliquant victime et auteur d’une même affaire.

Salah Abdeslam placé en garde à vue pour possession de clé USB liée à la propagande terroriste

Actuellement incarcéré à la prison de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), le seul survivant des commandos du 13 novembre a fait l’objet la semaine dernière de deux gardes à vue dans le cadre d’une enquête du Parquet national antiterroriste. Il est suspecté d’avoir détenu une clé USB contenant exclusivement des documents relatifs à la propagande officielle d’organisations terroristes telles que l’État islamique ou Al-Qaïda. L’enquête a mené à la réintégration d’Abdeslam en détention, le Pnat ayant requis sa « mise en examen ultérieure ».

Maëva B., ex-compagne d’Abdeslam, aurait introduit cette clé USB lors d’une visite au parloir. Elle fait l’objet d’une double mise en examen et a été placée en détention, étant soupçonnée d’une implication dans un projet d’attentat déjoué. Les investigations se poursuivent, la qualification des faits et le degré d’implication de chacun n’étant pas encore établis avec précision.

Situation actuelle de Salah Abdeslam et suites judiciaires

Céline Berthon, directrice générale de la sécurité intérieure, a affirmé que « Salah Abdeslam, toujours “radicalisé”, n’était pas mis en cause » dans ce projet d’attentat récemment déjoué. Cette évolution judiciaire survient alors que la France s’apprête à commémorer, lors d’une journée nationale d’hommage aux victimes, les attaques du 13 novembre 2015 à Paris et à Saint-Denis. Le bilan humain, particulièrement lourd, fait état de 132 morts, incluant deux suicides parmi des rescapés du Bataclan lourdement traumatisés.

La question du dialogue entre le principal auteur survivant et les victimes s’inscrit dans un contexte où les enjeux de mémoire, de réparation et de prévention de la récidive demeurent prioritaires pour l’ensemble des acteurs judiciaires et institutionnels.

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