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Le gouvernement refuse d’ouvrir les débats budgétaires à l’Assemblée durant ce week-end

Annabelle Chesnu

Le gouvernement a décidé jeudi soir de modifier son calendrier législatif en suspendant les débats budgétaires samedi et dimanche. Laurent Panifous, ministre des Relations avec le Parlement, a justifié cette interruption du week-end en invoquant l’épuisement des députés et des collaborateurs travaillant quotidiennement depuis plusieurs jours sans relâche.

Le ministre a précisé que près de 80 heures de débats restaient programmées pour la semaine suivante, rendant inutile la poursuite des travaux pendant le week-end. Il a également reconnu que les 1900 amendements ne seraient pas tous examinés lundi, remettant en question le calendrier initial prévu par l’exécutif pour le vote solennel sur les recettes budgétaires.

Cette annonce a provoqué une vive réaction de la part de La France insoumise, qui dénonçait un revirement de position du gouvernement. Le groupe parlementaire avait obtenu l’engagement que les débats se poursuivraient chaque week-end pour rattraper le retard accumulé dans l’examen du projet de loi de finances. Mathilde Panot a dénoncé un coup de force de l’exécutif, responsable selon elle des délais serrés après avoir transmis le texte avec deux semaines de retard.

Cette fermeture stratégique des débats représente une opportunité pour le gouvernement de gagner du temps sans affronter un vote à l’Assemblée. Selon la Constitution, les députés disposent jusqu’au 23 novembre pour voter le budget en première lecture. Passé ce délai, le texte sera transmis au Sénat sans vote, évitant ainsi un scrutin potentiellement difficile pour l’exécutif.

Quelques heures avant cette décision, un député Renaissance avait lui-même reconnu auprès de la presse que le gouvernement avait commis une erreur stratégique en ouvrant les débats les week-ends. Cette correction de trajectoire permet finalement à l’exécutif d’atteindre indirectement son objectif sans affronter directement une mise en minorité à l’Assemblée nationale.

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