
La situation au Mali s’est considérablement détériorée depuis le départ des troupes françaises en 2022. Les militants islamistes du JNIM, affiliés à al-Qaïda, menacent à nouveau la capitale Bamako avec une intensité accrue par rapport à 2013. Ils imposent notamment un embargo sur le carburant pour étouffer l’économie locale, plaçant le pays face à une crise humanitaire majeure.
En 2013, l’intervention militaire française appelée Opération Serval avait repoussé les forces djihadistes qui menaçaient Bamako. À cette époque, le président français François Hollande avait été accueilli en héros après la libération de Tombouctou, de Gao et de Kidal. Hollande déclarait alors que c’était le plus beau jour de sa vie politique. Quatre ans plus tard, il se félicitait de ce que la démocratie avait repris son cours.
Cependant, douze ans après cette intervention initiale, le Mali revient à la case départ. Les islamistes reprennent du terrain et renforcent leur emprise. La France a engagé d’importants moyens, perdant 58 soldats dans l’opération. Malgré cet investissement en vies humaines et en ressources, l’objectif stratégique n’a pas été atteint.
Après le retrait français, les combattants russes de Wagner puis d’Africacorps n’ont pas pu enrayer la progression djihadiste. Ces mercenaires n’ont pas réussi à stabiliser la région ni à protéger la capitale. La transition vers d’autres acteurs militaires s’est avérée inefficace, laissant un vide sécuritaire que les groupes terroristes ont pu exploiter.
Cet effondrement était prévisible selon les observateurs. Le retrait sans stratégie de sortie durable, associé à l’instabilité politique persistante, a créé les conditions favorables à la résurgence des menaces terroristes. Le Mali demeure aujourd’hui confronté à des défis sécuritaires critiques sans solution apparente à court terme.



