
Face à une escalade du trafic de drogue, Emmanuel Macron convoque une réunion d’urgence mardi 18 novembre à l’Élysée. Cette mobilisation intervient après plusieurs incidents criminels graves ces derniers jours, particulièrement à Marseille. L’objectif : accélérer l’application de la loi antidrogue adoptée en juin et renforcer la lutte contre ce phénomène criminel qui gagne en intensité.
Le chef de l’État réunit autour de la table les ministres de la Justice, de l’Intérieur, des Affaires étrangères et des Finances. Le Premier ministre, le procureur de Marseille Nicolas Bessone, ainsi que les hauts responsables de la police nationale participeront à cette session. Un point spécifique sera consacré à la situation marseillaise, selon l’Élysée. La magistrate Vanessa Perrée, pressentie pour diriger le futur parquet national anticriminalité, sera également présente.
Jeudi dernier, le frère du militant écologiste Amine Kessaci, engagé dans la lutte contre le narcobanditisme, a été tué à Marseille. Cet assassinat soulève l’hypothèse d’une intimidation. À Grenoble, un adolescent a reçu trois balles près d’un point de vente de stupéfiants et se trouve toujours dans le coma. Ces violences marquent une nouvelle étape de la criminalité organisée selon plusieurs observateurs.
La loi promulguée en juin prévoit notamment la création du parquet national anticriminalité, qui sera opérationnel le 1er janvier. Cette institution, calquée sur les modèles antiterroriste et financier, disposera de compétences élargies sur les dossiers les plus complexes de criminalité organisée. Des quartiers de haute sécurité en prison accueilleront les trafiquants les plus dangereux.
Le ministre de la Justice qualifie récemment les drames survenus de « point de bascule effrayant » exigeant une prise de conscience collective. À quatre mois des élections municipales, le narcotrafic devient un enjeu politique majeur. Des candidats réclament des mesures d’exception comme l’état d’urgence, tandis que les élus de tous bords reconnaissent l’ampleur du fléau.
Le président de l’Association des maires de France souligne que la loi existe, mais son exécution reste cruciale. Les critiques convergent : au-delà des déclarations d’intention, des moyens concrets et immédiats doivent être déployés par l’État pour combattre efficacement cette criminalité qui touche villes et villages.



