
Le chef du gouvernement israélien Benyamin Netanyahu s’est présenté mercredi 19 novembre en territoire syrien aux côtés de responsables militaires et ministériels. Il a visité les unités déployées depuis peu au-delà de la ligne de démarcation frontalière au nord. Le gouvernement de Damas a immédiatement qualifié cette visite d’illégale et contraire à sa souveraineté.
Cette incursion s’inscrit dans un contexte plus large. Parallèlement à des opérations contre le Liban, Israël cherche à consolider sa maîtrise du plateau du Golan. La zone tampon devrait rester sous surveillance onusienne, mais l’État hébreu y a implanté des forces militaires et étendu sa présence depuis la chute du régime de Bachar el-Assad en décembre 2024.
Netanyahu, accompagné du ministre de la Défense Israël Katz, du ministre des Affaires étrangères Gideon Saar et du chef d’état-major, a visité un poste militaire. Il a expliqué l’importance de maintenir la capacité défensive et offensive et de protéger les Druzes locaux. Des rencontres avec les soldats et des réunions de sécurité ont complété ce déplacement hautement médiatisé.
Damas a fermement protesté contre cette présence. Le ministère syrien des Affaires étrangères a dénoncé une violation grave de l’intégrité territoriale et une tentative d’imposer des réalités nouvelles contraires aux résolutions du Conseil de sécurité. Les deux nations demeurent officiellement en état de guerre.
L’ONU s’est aussi inquiétée. Son secrétaire général a appelé Israël à respecter l’accord de désengagement de 1974 qui avait établi cette zone démilitarisée. Israël semble méfiant face au nouveau leadership syrien, incarné par Ahmed al-Charaa, ancien figure jihadiste.
Paradoxalement, depuis l’été les deux États négocient une possible résolution. Cette démarche diplomatique reflète les craintes d’Israël concernant le Hezbollah et le transit d’armements via la Syrie, surtout avec la tension croissante sur le front libanais.



