
Donald Trump a signé mercredi une loi ordonnant la publication intégrale du dossier Epstein. Le président américain a annoncé cette décision sur son réseau Truth Social, accusant simultanément l’opposition démocrate de dissimuler la vérité sur cette affaire. Après des mois de résistance, Trump a opéré un revirement spectaculaire lorsqu’il devint évident que le texte serait adopté sans difficulté par le Congrès.
Le ministère de la justice dispose désormais d’un mois pour rendre accessibles tous les documents non classifiés concernant le financier Jeffrey Epstein, décédé en prison en 2019, ainsi que sa complice Ghislaine Maxwell et les tiers impliqués dans les procédures judiciaires connexes. Le texte autorise néanmoins le gouvernement à retenir certains documents sous conditions, notamment pour protéger les victimes ou justifier des enquêtes fédérales en cours.
Epstein et Trump ont entretenu des relations étroites à partir de la fin des années 1980 dans les cercles de l’élite new-yorkaise avant de se brouiller au début des années 2000. Trump n’a jamais été poursuivi dans cette affaire et déclare n’avoir aucun lien avec Epstein, le qualifiant de pervers malade. Le suicide d’Epstein en prison a alimenté de nombreuses théories conspirationnistes sur une possible mise à mort pour l’empêcher de témoigner.
Trump a récemment ordonné au ministère de la justice d’enquêter sur les liens entre Epstein et certaines personnalités démocrates, notamment l’ex-président Bill Clinton. Cette initiative suscite des craintes : l’élu républicain Thomas Massie, auteur de la loi, redoute que ces enquêtes ne servent de prétexte pour retarder la divulgation du dossier. Cependant, la législation prévoit que les autorités ne pourraient invoquer une enquête que de manière temporaire et restreinte.
La loi a remporté un soutien quasi unanime au Congrès : 427 votes pour et 1 contre à la Chambre, puis approbation du Sénat à l’unanimité. Le chef de la minorité démocrate Chuck Schumer a averti Trump contre toute manipulation lors de l’application du texte. La ministre de la justice Pam Bondi a promis d’exercer la transparence maximale tout en protégeant les victimes.



