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Un mois après le cessez-le-feu à Gaza, les journalistes témoignent d’un territoire entièrement dévasté où la couleur a disparu

Esteban Ortega

Un mois après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, la bande de Gaza présente un tableau de dévastation totale. Des journalistes internationaux, accompagnés d’un correspondant de Radio France, ont pu accéder brièvement au nord de l’enclave palestinienne sous supervision militaire israélienne. Leur accès s’est limité à des zones contrôlées et à des bases militaires situées près de la ligne de démarcation établie depuis quelques semaines entre le territoire administré par le Hamas et la zone occupée par Israël.

Depuis un point d’observation surélevé, les reporters ont contemplé les ruines du quartier de Shuja’iyya, situé à l’est de Gaza. Le paysage se caractérise par une absence totale de couleur et de vie. Seuls subsistent des monticules de béton pulvérisé, des immeubles et des maisons transformés en poussière qui se confond avec une terre desséchée. Les teintes du gris et du marron dominent cet univers sinistré, transformant le territoire en zone monochrome vidée de toute humanité.

Un porte-parole de l’armée israélienne justifie cette destruction en la qualifiant de conséquence inévitable du conflit. Il soutient que cette dévastation représente le prix de la guerre et affirme que l’initiative provient du Hamas. Il argumente que l’accord en cours impose au mouvement de se désarmer. Si cette clause fonctionne et que le Hamas renonce aux armes, cela correspondrait aux objectifs israéliens selon ses déclarations.

La démarcation entre les deux territoires reste problématique. Bien que théoriquement définie, cette frontière reste invisible sur le terrain jonché de gravats. Les soldats reçoivent l’ordre d’ouvrir le feu dès qu’une menace est détectée. Le porte-parole reconnaît que la matérialisation claire de cette limite nécessite davantage de temps. Il admet également que lors des premiers jours suivant l’accord, des dysfonctionnements ont provoqué des incidents mortels touchant des civils palestiniens. Malgré ces admissions, il insiste sur l’amélioration progressive des procédures.

L’accès accordé aux médias internationaux demeure une opération très encadrée et contrôlée. Les journalistes n’ont pu se déplacer librement ni rencontrer des Palestiniens. Un interlocuteur désigné par l’armée accompagnait les médias tout au long de cette visite organisée. Depuis plus de vingt-quatre mois, Israël empêche l’accès des journalistes étrangers à Gaza, limitant ainsi les reportages indépendants et compromettant la liberté d’information internationale dans ce territoire.

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