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Les négociations à la COP30 entrent dans leur phase décisive sur les énergies fossiles, la finance et le commerce

Rob Laurens

Les négociateurs de la COP30 entrent dans la phase décisive avec un délai fixé au vendredi 21 novembre. Les 194 parties présentes doivent finaliser un accord unanime sur la lutte climatique. Le président André Correa do Lago a lancé un appel à la mobilisation collective, présentant un premier brouillon de neuf pages contenant 58 points de négociation. Cependant, les discussions s’enlisent car chaque pays défend ses intérêts particuliers.

Les énergies fossiles constituent le principal sujet de friction. Bien qu’absent de l’agenda initial de Bélém, ce thème s’est imposé rapidement comme crucial. Le Brésil lui-même, sous l’impulsion du président Lula, demande une « feuille de route » pour abandonner le gaz, le pétrole et le charbon. Une coalition de plus de 80 pays, incluant la France, la Colombie et le Kenya, soutient cette initiative. L’objectif actuel n’est pas de fixer une date limite, mais d’établir le cadre de réflexion pour les COP futures.

Néanmoins, le consensus demeure lointain. Les pays producteurs de pétrole refusent catégoriquement, notamment l’Arabie saoudite et l’Iran qui considèrent cette proposition comme une ligne rouge. Lula insiste sur l’importance de démontrer une volonté de transition sans imposer de contraintes uniformes, permettant à chaque nation d’avancer selon son rythme.

La question financière polarise également les débats. En 2024, les nations développées ont promis 300 milliards de dollars annuels jusqu’en 2035 pour soutenir les pays vulnérables. Cette somme a été jugée insuffisante face aux besoins réels, évalués à quatre fois plus. Les pays en développement réclament des engagements concrets sur le type de financement, les modalités de versement et l’allocation entre atténuation, adaptation et réparation des dommages climatiques.

L’adaptation aux effets du changement climatique pose un défi majeur. Seulement 26 milliards de dollars ont été versés jusqu’ici, principalement sous forme de prêts endettant les pays. L’ONU estime que 310 milliards sont nécessaires. Les négociateurs européens rejettent toute augmentation, arguant que l’Union fournit déjà 30 % des financements climatiques mondiaux.

Le mécanisme européen d’ajustement carbone aux frontières suscite des tensions additionnelles. Ce système taxe les importations provenant de pays aux normes environnementales moins strictes. Les économies émergentes le dénoncent comme protectionnisme déguisé, rappelant que l’Europe s’est développée sans telles restrictions. La Commission défend cet outil comme nécessaire pour éviter les fuites de carbone.

Lula promeut également une feuille de route sur la déforestation, son grand projet pour cette conférence. Il a lancé le « Tropical Forever Forest Facilities » doté de 125 milliards de dollars. Avec 8 millions d’hectares de forêts perdus en 2024 mondialement, le taux de destruction dépasse de 63 % les objectifs visant l’arrêt complet de la déforestation en 2030. Ce sujet moins conflictuel doit néanmoins être finalisé.

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