France

Les 204 stations de ski fermées depuis 1950 en France : une visualisation des fermetures dans les massifs

Rob Laurens

Deux cent quatre domaines skiables ont fermé depuis 1950 en France, selon les recherches du géographe Pierre-Alexandre Metral. Trois stations supplémentaires cesseront leurs activités cette année, dont celle des Aillons-Margériaz en Savoie. Un inventaire inédit qui révèle l’ampleur d’un phénomène méconnu.

Avant 2018, aucun organisme officiel ne possédait de liste complète des stations fermées. Le chercheur de l’université de Grenoble a constitué cet inventaire en explorant des forums internet, des cartes postales anciennes, des ouvrages historiques et des témoignages directs. Entre 1951 et 2020, il a identifié 186 fermetures, auxquelles s’ajoutent dix-huit sites ces cinq dernières années.

La majorité de ces domaines fermés sont de très petite taille, avec une ou deux remontées mécaniques. Il s’agit généralement de petits centres de ski sans hébergements ni commerces importants, plutôt que de véritables stations touristiques. Le rythme de fermeture reste régulier, entre deux et cinq sites par année. Toutefois, depuis les années 2000, des stations de taille plus importante, bien que de notoriété régionale, ont aussi disparu.

Géographiquement, les Alpes concentrent 121 des 204 fermetures, mais ce chiffre représente moins de 30% des stations alpines. Les taux de fermeture les plus élevés se situent dans les Vosges (44%) et le Massif central (60%). Ces régions, constituées de basse et moyenne montagne, subissent davantage les effets du réchauffement climatique sur l’enneigement.

Le changement climatique n’est pas l’unique responsable. La principale cause reste économique : ces domaines n’étaient pas rentables. Les revenus des remontées mécaniques ne couvraient pas les frais d’exploitation. S’ajoutent à cela la disparition des classes de neige, la concurrence des grandes stations et les coûts de maintenance.

La Cour des comptes prédisait en 2024 que seules quelques stations pourraient survivre après 2050. Cependant, le secteur demeure optimiste, citant le damage des pistes et la neige artificielle comme solutions durables. Météo-France confirme néanmoins que les jours enneigés diminueront fortement dans les prochaines décennies, avec des hivers de plus en plus peu enneigés.

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