
À l’issue de négociations prolongées à Belem, près de deux cents États ont adopté samedi un accord climatique qui évite de mentionner explicitement l’abandon des énergies fossiles. Contrairement à la COP28 de Dubaï en 2023, où les nations s’étaient engagées sur une transition hors des combustibles fossiles, le texte brésilien contourne cette question sensible. L’accord prévoit néanmoins de tripler les fonds destinés à l’adaptation climatique d’ici 2035 par rapport à 2025.
Le texte introduit une première pour les conférences climatiques : un dialogue sur le commerce mondial. Cette disposition répond à la demande pressante de la Chine et d’autres nations exportatrices, qui redoutaient les taxes carbone aux frontières. Pékin avait fait de cette question l’une de ses priorités absolues lors des négociations.
Le président brésilien Lula a salué ce consensus international, affirmant que la science et le multilatéralisme avaient prévalu. Il a rappelé que la planète a franchi pour la première fois le seuil d’un degré et demi au-dessus des niveaux préindustriels, décrivant l’accord comme un choix de poursuivre plutôt que d’abandonner la lutte climatique.
Plusieurs délégations ont cependant exprimé leurs regrets face au manque d’ambition de ce texte. L’Union européenne et la France, tout en acceptant l’accord, ont souligné qu’elles auraient souhaité davantage d’engagement et de précision. La ministre française de la transition écologique l’a qualifié de texte plat, expliquant que les Européens ont choisi de ne pas s’opposer pour éviter les accusations de refuser des financements aux pays pauvres.
Consciente des critiques, la présidence brésilienne a annoncé son intention de développer une feuille de route volontaire sur l’abandon des énergies fossiles et une autre contre la déforestation. André Correa do Lago a reconnu que certains pays nourrissaient des ambitions plus grandes pour cette conférence climatique.
La Chine, la Russie et l’Arabie saoudite ont bloqué toute mention explicite de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de sortie des énergies fossiles. Ce revirement contraste fortement avec 2023, quand les nations s’étaient engagées sur une transition juste vers l’abandon des combustibles fossiles dans les systèmes énergétiques.
Les pays en développement ont privilégié les questions de financement climatique plutôt que la lutte directe contre les énergies fossiles. Pour ces nations, les investissements financiers restent plus urgents que les promesses de transition énergétique. Ils soulignent que de nombreuses économies manquent actuellement des ressources nécessaires pour transformer leurs modèles de production.
Ces États réclament aux nations riches des engagements financiers renforcés pour faciliter leur adaptation à un climat perturbé et leur transition énergétique. Selon eux, les pays pauvres et émergents ne disposent pas des capacités économiques pour réduire leur consommation de carbone ou simplement s’ajuster aux impacts climatiques croissants.



