
Samedi 22 novembre, des milliers de personnes ont manifesté dans toute la France pour dénoncer la persistance alarmante des violences contre les femmes. Les manifestants exigeaient un engagement budgétaire plus important de la part des pouvoirs publics pour combattre ce problème récurrent. À Paris, place de la République, les organisateurs ont compté environ 50 000 participants braving le froid glacial. D’autres villes comme Bordeaux et Lille ont également mobilisé leurs citoyens autour de cette cause.
Les chiffres officiels révèlent une situation préoccupante. Entre 2023 et 2024, les féminicides conjugaux ont augmenté de 11 %, avec 107 femmes tuées par un proche. Au-delà de ces décès, les violences sexuelles restent massives : une femme est victime toutes les deux minutes, tandis que le harcèlement sexuel affecte une femme toutes les vingt-trois secondes selon les données gouvernementales.
Le collectif Grève féministe dénonce l’inaction prolongée depuis l’élection présidentielle de 2017. Les plaintes sont souvent classées sans suite, les victimes restent incrédules, et les auteurs jouissent d’une quasi-impunité. Ces violences surviennent dans tous les contextes : familiaux, professionnels, scolaires, publics et institutionnels, créant un environnement d’insécurité systémique.
Les organisations réclament des mesures concrètes : une loi-cadre globale, un budget de 3 milliards d’euros pour sa mise en œuvre, et l’arrêt de la réduction des financements aux associations d’aide aux victimes. La Fondation des femmes estime que l’État devrait dédier au minimum 2,6 milliards annuels, représentant seulement 0,5 % du budget national.
L’annonce d’une future législation par les autorités suscite une méfiance justifiée auprès des militantes. Le Conseil de l’Europe a jugé en septembre le faible taux de poursuites des agresseurs sexuels « particulièrement préoccupant ». Les syndicats et associations craignent que les discussions budgétaires en cours ne réduisent davantage les ressources destinées à cette lutte essentielle.



