
Le commandant en chef de l’armée soudanaise, Abdel Fattah al-Burhane, a dénoncé dimanche 23 novembre le rôle des médiateurs internationaux. Il considère que le groupe de médiation « Quad » manque d’impartialité tant que les Émirats arabes unis y participent. Cette position reflète les tensions autour des efforts de résolution du conflit opposant l’armée aux Forces de soutien rapide.
Le général al-Burhane soutient que les Émirats arabes unis soutiennent les paramilitaires rebelles contre l’État soudanais. Il affirme que le monde entier a été témoin de cette assistance. Le Quad, qui comprend également les États-Unis, l’Arabie saoudite et l’Égypte, ne peut donc pas, selon lui, jouer un rôle neutre dans la médiation. Les Émirats nient formellement ces accusations de soutien aux rebelles.
Al-Burhane a critiqué la dernière proposition de cessez-le-feu présentée par l’émissaire américain Massad Boulos. Il l’a qualifiée de « pire proposition jusqu’à présent », affirmant qu’elle reprend les positions d’Abou Dhabi. Le chef militaire soudanais voit dans cette médiation l’influence directe des Émirats arabes unis, qu’il accuse d’armer les paramilitaires depuis le début du conflit.
Donald Trump s’est récemment engagé à intervenir pour arrêter la guerre au Soudan. Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane lui aurait demandé de s’impliquer dans ce conflit qui a causé des milliers de morts depuis avril 2023. Trump a exprimé sa volonté de mettre fin aux « atrocités » au Soudan, qualifié par l’ONU de foyer de la pire crise humanitaire mondiale.
Le Conseil de souveraineté soudanais, dirigé par al-Burhane, a initialement indiqué sa disponibilité à coopérer avec Washington et Riyad. Toutefois, les positions se sont durcies ensuite. Les paramilitaires et leurs supposés alliés émiratis avaient salué l’intention de Trump de résoudre le conflit, créant ainsi une dynamique complexe dans les négociations.
Le Quad a proposé en septembre un plan incluant une trêve de trois mois et l’exclusion politique du gouvernement et des rebelles. L’armée a rejeté cette clause jusqu’à présent, ce qui a gelé les pourparlers. Cette impasse reflète les divergences fondamentales entre les belligérants sur les conditions d’une éventuelle résolution du conflit.
Les paramilitaires ont annoncé en novembre accepter une trêve humanitaire après avoir conquis El-Facher, dernier bastion militaire dans la région du Darfour. Maîtres du Darfour, région représentant un tiers du territoire soudanais, les rebelles intensifient désormais leurs opérations dans le Kordofan voisin. Cette région pétrolifère devient ainsi un nouveau foyer de tensions et d’affrontements.



