
La riposte mondiale contre le VIH traverse sa crise la plus grave depuis plusieurs décennies, selon les avertissements de l’Onusida. Cette situation résulte directement de la réduction drastique de l’aide internationale, créant des perturbations majeures dans les pays les plus affectés par l’épidémie. Les donateurs mondiaux ont considérablement diminué leurs contributions, fragilisant l’ensemble de l’écosystème sanitaire.
Le financement international pour combattre le sida s’élève actuellement à 18,7 milliards de dollars annuels, chiffre inférieur de 17 % aux besoins réels jusqu’en 2030. Les États-Unis, qui pourvoyaient autrefois 50 % du budget de l’Onusida, ont interrompu brutalement leurs versements. D’autres donateurs majeurs ont également réduit substantiellement leur aide publique au développement, amplifiant la crise financière.
Les conséquences sur le terrain se révèlent catastrophiques et immédiates. Des cliniques ont fermé sans préavis, des milliers de professionnels de santé ont perdu leur emploi, et les services essentiels de dépistage et de traitement subissent des interruptions généralisées. En Éthiopie et en République démocratique du Congo, notamment, des ruptures de stock de tests et de médicaments ont été documentées. Dans treize pays, le nombre de personnes ayant débuté un traitement a diminué par rapport à l’année précédente.
Les services de prévention, déjà sous-financés auparavant, souffrent particulièrement de cet effondrement budgétaire. L’année passée, 9,2 millions de personnes parmi les 40 millions vivant avec le VIH n’avaient accès à aucun traitement. L’Onusida alerte sur le fait que 1,3 million de nouvelles infections ont été enregistrées, chiffre stagnant d’une année sur l’autre, signalant un ralentissement inquiétant de la progression thérapeutique.
Sans intervention urgente et augmentation des investissements, les infections pourraient atteindre 3,3 millions d’ici 2030. Ce seuil resterait plus de trois fois supérieur aux objectifs fixés par les Nations unies pour déclarer le sida vaincu comme menace sanitaire mondiale. Malgré une diminution de 54 % des décès liés au sida depuis 2010, la stagnation actuelle des nouvelles contaminations démontre que sans ressources adéquates, les progrès s’inverseront rapidement.



