Un audit de sécurité commandé en 2018 par le musée du Louvre auprès du joaillier Van Cleef & Arpels avait identifié le balcon comme point de vulnérabilité majeure. Le document signalait précisément la fragilité du dispositif face à l’utilisation d’un monte-charge pour y accéder. Or, c’est exactement par ce chemin que les cambrioleurs ont pénétré dans la galerie d’Apollon le 19 octobre, dérobant les joyaux de la Couronne de France.
La convergence entre les prédictions de l’audit et le scénario réel du vol soulève des questions troublantes. La justice n’avait aucune connaissance de ce document jusqu’à récemment. Les enquêteurs cherchent désormais à déterminer si le document a fuité après sa remise aux autorités et si les commanditaires du vol ont pu en prendre connaissance. Il s’agit de comprendre qui a eu accès à cet audit interne au fil du temps.
Les auteurs de l’audit avaient classé la fenêtre donnant sur le quai François-Mitterrand comme l’une des plus graves vulnérabilités de l’établissement. Remis à Jean-Luc Martinez, alors directeur du Louvre, ce rapport détaillait les risques de sécurité avec précision. Interrogée le 24 novembre, la direction du musée a affirmé n’avoir découvert l’audit qu’après le vol.
Selon le Louvre, l’audit n’a été retrouvé que lors d’une demande de transmission de documents relatifs aux chantiers réalisés dans la galerie d’Apollon sur vingt-cinq ans. La direction précise que ces documents n’avaient pas été communiqués lors du changement de direction en automne 2021. Cette absence de transmission reste inexpliquée et soulève des interrogations sur la gestion administrative de l’établissement.
Les deux juges d’instruction parisiens de la juridiction interrégionale spécialisée en lutte contre le crime organisé, saisis de cette affaire, n’avaient toujours pas été informés de l’existence de cet audit par le Louvre ou le ministère de la Culture. Ce manque de communication entre les institutions complique l’enquête et retarde potentiellement l’identification des failles organisationnelles qui ont permis le vol.



